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Taxe sur la valeur ajoutée et rénovation des logements locatifs en vue de les adapter aux handicapés

15e législature

Question écrite n° 00192 de M. Cédric Perrin (Territoire de Belfort - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 06/07/2017 - page 2131

M. Cédric Perrin attire l'attention de Mme la secrétaire d'État, auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées sur les différents taux de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) applicables aux travaux de rénovation des logements locatifs en vue de les adapter aux personnes handicapées.
En effet, par la réponse ministérielle publiée au Journal officiel de l'Assemblée nationale du 10 novembre 2015 (JOAN « questions » du 10 novembre 2015, p. 8218 réponse n° 71552), le ministre des finances précisait que les travaux de rénovation des logements locatifs sociaux et leur adaptation aux personnes handicapées sont taxés à une TVA réduite de 5,5 %. Les mêmes travaux réalisés dans les immeubles privés à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans relèvent quant à eux d'une TVA de 10 %. Aussi, si ces travaux sont réalisés dans des locaux ouverts au public, la TVA applicable relève du taux normal de 20 %. De plus, dans ce dernier cas, ces travaux sont obligatoires et souvent financés par les propriétaires-bailleurs.
Ces écarts de taux pénalisent et discriminent gravement les propriétaires privés alors même qu'ils assurent souvent une mission sociale en logeant des personnes défavorisées.
Ces différents taux sont injustifiables et devraient être identiques car ils ont vocation à améliorer la vie des personnes en situation de handicap et ne devraient pas favoriser un type de propriétaire au détriment des autres.
C'est pourquoi il souhaite que le Gouvernement porte une attention particulière à cette situation et prenne les mesures qui s'imposent pour réduire cette injustice fiscale.

Transmise au Ministère de l'économie et des finances



Réponse du Ministère de l'économie et des finances

publiée dans le JO Sénat du 23/11/2017 - page 3670

L'amélioration des conditions de vie des personnes souffrant d'un handicap est une préoccupation constante du Gouvernement. En matière de taxe sur la valeur ajoutée (TVA), le taux réduit de 5,5 % s'applique tout d'abord aux appareillages, équipements et matériels destinés à l'usage des personnes handicapées conformément aux dispositions du 2° du A de l'article 278-0 bis du code général des impôts (CGI). Sont ainsi notamment soumis au taux réduit de 5,5 % de la TVA les équipements spéciaux, dénommés aides techniques et autres appareillages, dont la liste, fixée par arrêté du ministre chargé du budget, permet la prise en compte des évolutions techniques des appareillages, et qui sont conçus exclusivement pour les personnes handicapées en vue de la compensation d'incapacités graves, ou encore les ascenseurs et matériels assimilés, spécialement conçus pour les personnes handicapées et dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du ministre chargé de l'économie et des finances. Outre le bénéfice du taux réduit pour tous ces équipements, le taux réduit de 5,5 % est également applicable aux travaux de rénovation des logements locatifs sociaux qui concourent directement à l'accessibilité de l'immeuble et du logement et à l'adaptation du logement aux personnes en situation de handicap conformément au 2° du 1 du IV de l'article 278 sexies du CGI. De plus, les travaux réalisés pour une meilleure accessibilité des personnes à mobilité réduite portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans relèvent du taux réduit de 10 % de la TVA selon les dispositions de l'article 279-0 bis du CGI. L'ensemble de ces mesures constitue un effort substantiel consenti par la collectivité nationale à l'amélioration de la vie quotidienne des personnes handicapées. Ces différences de taux de TVA ne constituent pas une injustice mais traduisent la volonté du législateur, dans le respect du cadre européen qui en la matière ne prévoit pas la possibilité d'appliquer un taux réduit aux travaux dans des immeubles qui ne sont pas des locaux d'habitation, d'une part, de contribuer à l'amélioration de la vie quotidienne des personnes handicapées, en veillant à maintenir à jour des évolutions technologiques les listes des équipements concernés et, d'autre part, de favoriser les travaux de rénovation des logements sociaux par un taux de TVA plus faible que le taux réduit applicable aux travaux de rénovation dans les autres catégories de locaux d'habitation. La dépense fiscale relative aux taux réduits de TVA applicables aux travaux dans les logements anciens s'élève déjà à plus de 4 milliards d'euros. Une extension du champ du taux de 5,5 % irait à contre-courant de l'objectif de réduction des dépenses publiques.