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Contraception masculine

15e législature

Question écrite n° 00811 de Mme Michelle Meunier (Loire-Atlantique - Socialiste et républicain)

publiée dans le JO Sénat du 03/08/2017 - page 2503

Mme Michelle Meunier attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé au sujet de la contraception masculine.
En 2013 était lancée une campagne de communication intitulée « la contraception qui vous convient existe ». Elle visait le grand public, - femmes et hommes, garçons et filles - et proposait des fiches techniques à destination des professionnels de santé notamment.
La contraception masculine représente un enjeu important pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
En France, il est à déplorer que la contraception et la maîtrise de la reproduction par le couple reposent quasi-exclusivement sur les femmes.
Pourtant, selon un sondage de l'institut CSA publié en 2012, 61% des hommes interrogés affirmaient être prêts à utiliser une pilule contraceptive masculine si celle-ci existait.
Alors que la vasectomie est possible dans notre pays, cette méthode de stérilisation masculine simple, et qui a fait ses preuves, ne concerne que 0,5 % des Français, alors que 20 % des hommes y ont recours dans les pays anglo-saxons. Force est de constater que cette méthode contraceptive, définitive, reste encore trop méconnue, fait peur et peine à se développer.
Une fois de plus, le constat est qu'il faut communiquer sur ces questions pour espérer modifier les mentalités et dépasser les craintes et les idées reçues.
Dès lors, elle souhaiterait connaître l'évaluation qui peut être faite de cette campagne, deux ans après son lancement, notamment en matière d'accès à la contraception masculine.
En outre, elle souhaiterait savoir si la recherche est encouragée, par le ministère, afin de mettre au point un moyen de contraception hormonale adapté aux hommes.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 22/02/2018 - page 850

Actuellement, le taux de recours à la contraception reste élevé dans notre pays. En 2016, seulement 8 % des femmes de 15 à 49 ans, ni stériles, ni enceintes, ayant des rapports sexuels et ne voulant pas d'enfant, déclarent ne pas utiliser de moyen de contraception. Depuis la « crise de la pilule » de 2013, la volonté politique a été de promouvoir une contraception efficace et adaptée à la situation de chaque femme ou couple. Le constat actuel montre que le modèle traditionnel contraceptif français surtout basé sur l'utilisation de la contraception hormonale orale évolue lentement vers une plus grande diversification des moyens utilisés. Ainsi, plus de sept femmes sur dix (71,8 %) déclarent recourir à une méthode médicalisée pour assurer leur contraception (pilule, dispositif intra-utérin (DIU), implant, patch, anneau, injection, stérilisation tubaire, vasectomie du conjoint), la pilule restant la méthode la plus utilisée. Dans ce paysage, la stérilisation contraceptive est très faible et quasi absente chez l'homme. Entre 2010 et 2016 il n'y a eu aucune évolution significative dans ce domaine alors même que la stérilisation à visée contraceptive est autorisée par la loi n°  2001-588 du 4 juillet 2001. Elle reste très peu utilisée en France, notamment chez l'homme, contrairement à d'autres pays de même niveau socio-économique (Royaume-Uni, Pays-Bas, Canada, Allemagne). Cela tient à de multiples facteurs notamment aux représentations culturelles dans notre société impactant les comportements des individus et des professionnels. Le ministère en charge de la santé a annoncé en mars 2017, une stratégie nationale de santé sexuelle qui fixe des priorités pour 2030. Parmi celles-ci, l'accès au choix à une contraception adaptée a été réaffirmé avec la volonté d'impliquer les hommes autant que les femmes. Cela se traduit notamment par l'amélioration à l'accès à la contraception définitive avec une étude, en population générale et auprès des professionnels pour identifier les freins existants et par la mobilisation des professionnels sur ce sujet (actions 41 et 46).