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Devenir des ateliers SNCF de Périgueux et de Coulounieix-Chamiers

15e législature

Question écrite n° 00960 de M. Claude Bérit-Débat (Dordogne - Socialiste et républicain)

publiée dans le JO Sénat du 10/08/2017 - page 2566

M. Claude Bérit-Débat attire l'attention de Mme la secrétaire d'État, auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire sur le devenir de deux sites industriels liés à la SNCF particulièrement importants pour le département de la Dordogne. Le premier, le technicentre de Périgueux, construit des voitures du train type corail. Il emploie près de 550 salariés. Le deuxième, l'atelier de production d'appareils de voie et d'aiguillage situé à Chamiers sur la ville de Coulounieix-Chamiers, compte environ soixante-dix personnes dont le savoir–faire spécifique se trouve être également reconnu à l'échelle nationale. Or régulièrement, depuis plusieurs années, le maintien de ces deux structures qui animent fortement le bassin de vie de l'agglomération périgourdine se trouve remis en cause. Plus précisément, au sujet du technicentre de Périgueux, celui-ci doit faire face au non-renouvellement des « corail ». Malgré l'engagement de la SNCF de pouvoir assurer un même niveau de charge de production, fin 2016, ce niveau a diminué entraînant l'annonce en janvier 2017 du non-remplacement de soixante à soixante-dix salariés suscitant l'incompréhension et une colère légitime. En effet, localement, la perspective de voir ce site décliner n'est pas tenable, économiquement et socialement. Aussi, l'ensemble des élus et des syndicats s'y opposent d'autant plus que la technicité des salariés pourrait leur permettre de s'adapter à une production nouvelle d'appareils, y compris une nouvelle génération de trains transrégionaux si la SNCF souhaitait s'engager dans cette voie-là.
Aussi, il lui demande quels engagements concrets le Gouvernement pourrait prendre pour assurer dans les prochaines années la pérennité de ces deux sites industriels.

Transmise au Ministère auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports



Réponse du Ministère auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports

publiée dans le JO Sénat du 02/08/2018 - page 4052

L'activité principale du technicentre industriel de Périgueux consiste en la révision et la transformation de voitures « voyageurs Corail ». Cet établissement assure en outre deux autres activités importantes : d'une part, l'ingénierie de maintenance et, d'autre part, la réparation de pièces et sous-ensembles destinés aux matériels roulants. L'activité de maintenance de voitures « Corail » est en phase d'attrition, avec une baisse prévisionnelle de plus de 50 % entre 2016 et 2020, en raison notamment de l'investissement très important réalisé par les autorités organisatrices dans des nouveaux matériels régionaux et Intercités plus accessibles, plus confortables et plus performants (AGC, Regiolis, Regio 2N…). Par ailleurs, SNCF Mobilités a engagé en 2014 un programme de reconfiguration de son outil industriel de maintenance du matériel roulant, composé de 10 établissements sur l'ensemble du territoire national, afin de le rendre compétitif dans un environnement concurrentiel. Dans ce contexte, SNCF Mobilités considère qu'il n'est pas économiquement soutenable de maintenir l'activité de maintenance des voitures « Corail » sur plusieurs sites en France et souhaite donc la concentrer sur un seul de ces sites. Le site de Périgueux, plus capacitaire et plus adapté, apparaît plus pertinent pour remplir cette mission. Ainsi, Périgueux a vocation à devenir l'unique site national, pour la révision et la rénovation des voitures « Corail » et des voitures « deux niveaux Intercités » et « Transilien ». Compte tenu de ces éléments, le site de Périgueux est conforté et a désormais de la visibilité sur son plan de charge. En outre, au regard des fortes compétences de cet établissement et à l'aube de l'ouverture à la concurrence, SNCF Mobilités souhaite également renforcer la part d'activité réalisée pour des clients tiers notamment les autres entreprises ferroviaires. L'unité de production localisée à Coulounieix-Chamiers fait, quant à elle, partie intégrante de l'Établissement industriel de la voie de Moulin-Neuf (comprenant également un autre site de production à Chambly dans l'Oise). Constituant un maillon important du dispositif industriel de SNCF Réseau, cet établissement assure la fabrication d'appareils de voie et de constituants. Le site de Coulounieix-Chamiers a bénéficié d'investissements massifs qui sont en cours de finalisation. Ainsi, près de 2 millions d'euros ont été consacrés à l'achat d'un nouveau centre d'usinage et à l'aménagement de bâtiments. De même,  quinze agents ont été recrutés depuis 2015. Pour les prochaines années, le plan de charge de cette unité opérationnelle devrait ainsi être maintenu au même niveau que celui constaté ces dernières années, soit autour de 110 appareils produits par an. Cette stabilité devrait également s'appliquer aux effectifs.