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États généraux de la politique de la ville

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0059G de M. Frédéric Marchand (Nord - LaREM)

publiée dans le JO Sénat du 18/10/2017 - page 3817

M. Frédéric Marchand. Ma question s'adresse à M. le ministre de la cohésion des territoires.

Monsieur le ministre, la politique de la ville est née il y a quarante ans avec les premières opérations « Habitat et vie sociale », prémices de la politique de la ville et de sa méthode.

Malgré l'engagement des acteurs sur le terrain et les progrès réalisés en matière de cohésion sociale, de cadre de vie, de renouvellement urbain et d'emploi, le regard porté sur les quartiers populaires reste encore trop souvent négatif et stéréotypé.

Vous le savez, les habitants de ces quartiers ne veulent pas être assignés à résidence ! Bien au contraire, ils revendiquent de la dignité, de la considération et, bien évidemment, du travail.

Maire, pour encore quelques jours, d'une commune dans la métropole lilloise dont deux quartiers sont inscrits en politique de la ville depuis le 1er janvier 2015, je suis, comme tous les élus, conscient de la nécessité d'engager une nouvelle étape pour tenir cette belle promesse républicaine qui nous est chère : l'égalité des territoires.

Monsieur le ministre, au-delà des premières décisions prises sur cette grande cause nationale, je pense notamment aux classes dédoublées de CP en REP+, dont chacun salue en cette rentrée scolaire la pertinence, pouvez-vous nous indiquer les mesures qui seront mises en œuvre dans les prochains mois pour conforter les territoires urbains en souffrance dans des domaines aussi essentiels du quotidien que sont le logement, l'emploi, l'éducation ou bien encore la sécurité ? (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)



Réponse du Ministère de la cohésion des territoires

publiée dans le JO Sénat du 18/10/2017 - page 3818

M. Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Marchand, j'entends le message des élus locaux et des maires sur la politique de la ville.

Nous connaissons la fragilité de nombre de ces quartiers. Comme vous l'avez souligné, cette politique de la ville a été lancée voilà quarante ans, avec des hauts et des bas. Si la réussite avait été totale, elle n'existerait plus aujourd'hui.

Nous sommes face à des situations très diverses. Nos concitoyens, habitants et élus de ces quartiers, veulent simplement disposer des mêmes droits, des mêmes chances que les autres. C'est ce que l'on appelle le droit commun.

Je voudrais d'abord apporter des précisions sur les questions budgétaires : la première étape de notre engagement, autour du Premier ministre, a été de reconduire le budget de la politique de la ville en 2018 – 430 millions d'euros – et pour les années suivantes.

Nous avons également augmenté la DPV, la dotation politique de la ville, pour la porter à 150 millions d'euros et accru le montant de la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale, la DSU, de 90 millions d'euros. Voilà quelle est la réalité financière budgétaire.

Je voudrais ensuite souligner, comme vous, qu'il est nécessaire de mener une politique forte en matière d'éducation, où beaucoup reste à faire.

La mise en place de 2 500 classes dédoublées dans ces quartiers – les réseaux d'éducation prioritaire « plus », ou REP+, ont été visés en priorité – témoigne du caractère extrêmement volontariste de cette politique. Nous allons également bientôt mettre en place des emplois francs dans ces mêmes quartiers.

Vous avez enfin évoqué la sécurité, essentielle dans ces quartiers. Nous devons mettre en place une police de proximité. Des efforts considérables doivent être réalisés pour lutter, tous ensemble, contre le communautarisme. Si la République recule dans ces quartiers, d'autres, qui sont déjà à l'œuvre, viendront prendre sa place. (Des noms ! sur les travées du groupe Les Républicains.)

Il s'agit d'un enjeu tout à fait fondamental et prioritaire.

M. Bruno Retailleau. C'est vrai !

M. Jacques Mézard, ministre. J'entends que nous menions une politique interministérielle très forte sur tous ces sujets. (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et du groupe La République En Marche.)