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Circulation à Paris

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0078G de M. Pierre Charon (Paris - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 27/10/2017 - page 4204

M. Pierre Charon. Ma question s'adresse à M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur.

Monsieur le ministre d'État, il y a urgence à Paris.

L'annonce par le CIO de la qualification de Paris pour les JO de 2024 a été une bouffée d'air pur – je dis bien « une bouffée d'air pur », car la fermeture des voies sur berge a aggravé la pollution…


M. David Assouline. Bouffonnerie !


M. Pierre Charon. Ainsi, le comité d'évaluation de la fermeture des voies sur berges, comité indépendant dont fait partie AirParif, a rendu des conclusions sans appel : les dioxydes d'azote ont bien augmenté, alors qu'ils reculaient depuis dix ans.


M. Roger Karoutchi. Eh oui !


M. Pierre Charon. De telles mesures révèlent que Paris n'est malheureusement pas prêt pour ce grand rendez-vous sportif.

À cause de certaines mesures prises par Anne Hidalgo, notre capitale devient une ville-musée.


M. David Assouline. Sortez du XVIe arrondissement ! Venez voir à quoi ressemble le XXe !


M. Philippe Pemezec. Laissez-le parler !


M. Pierre Charon. Pourtant, les valeurs de l'olympisme sont le mouvement et l'action, et non ce qui fossilise notre capitale.

La circulation devient un exploit sportif, la seule discipline olympique spécifiquement parisienne ! Sans parler des autres courses d'obstacles que subissent quotidiennement les Parisiens.

Avec son écologie punitive, la maire de Paris pénalise les faibles. (Exclamations sur des travées du groupe socialiste et républicain.) Cela fait fuir les Parisiens les plus modestes. La volonté d'interdire les véhicules diesel, puis ceux qui roulent à l'essence n'a d'autre objet que de satisfaire quelques bobos indispensables à la majorité municipale. (Protestations sur des travées du groupe socialiste et républicain et du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)

L'économie de Paris est en péril sans une circulation efficace. Les Parisiens délaissent ainsi les petits et moyens commerces, devenus inaccessibles.

Nous sollicitons l'aide de l'État pour mettre fin à ces mesures d'asphyxie, incompatibles avec la qualité de capitale organisatrice des JO.


Mme Marie-Noëlle Lienemann. N'importe quoi ! Pourquoi croyez-vous que Paris a été choisi ?


M. Pierre Charon. Monsieur le ministre d'État, nous avons besoin de vous et du préfet de police. Qu'envisagez-vous pour que Paris reste cette Ville lumière attractive face à ces mesures qui feront de Paris…


M. le président. Il faut conclure !


M. Pierre Charon. … l'une des villes les plus embouteillées d'Europe ? (Protestations sur les travées du groupe socialiste et républicain.)


M. le président. Il faut conclure !


M. Pierre Charon. Vous vous y connaissez en matière de bouchons, monsieur le ministre d'État, mais je ne vous parle pas ici des bouchons lyonnais, qui font la réputation de votre ville. (Marques d'impatience sur les travées du groupe socialiste et républicain.)


M. le président. Il faut conclure !


M. Pierre Charon. Les voies sur berges portent le nom de Georges Pompidou. (Les marques d'impatience se répètent sur les mêmes travées.)


M. le président. Il faut conclure !


M. Pierre Charon. Pour paraphraser celui-ci, arrêtons donc d'emmerder les Parisiens ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)


M. David Assouline. Et ils applaudissent à de telles bouffonneries !



Réponse du Ministère de l'intérieur

publiée dans le JO Sénat du 27/10/2017 - page 4205

M. Gérard Collomb, ministre d'État, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, si vous aviez posé cette question à l'ancien maire de Lyon, il aurait pu vous répondre, mais, aujourd'hui, le ministre de l'intérieur est un peu démuni, si je puis dire, dans la mesure où une loi du 28 février 2017 a conféré les principales compétences en matière de voirie à la mairie de Paris.

M. Roger Karoutchi. C'est un scandale !

M. Philippe Dominati. On peut abroger la loi !

M. Gérard Collomb, ministre d'État. Le préfet de Paris peut donc formuler un certain nombre de remarques, mais, sauf sur les axes que l'on pourrait qualifier de « stratégiques », il est désormais démuni. Il peut donner un certain nombre de conseils, mais c'est aujourd'hui le maire de Paris et le Conseil de Paris qui décident. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)

Dans la perspective des jeux Olympiques, nous avons demandé à Mme la maire de Paris, à qui j'ai écrit personnellement, d'avoir une réflexion globale, portant sur l'ensemble de l'agglomération parisienne. En effet, comme vous le savez, les jeux Olympiques vont se dérouler à la fois dans Paris intra-muros, mais également dans la première couronne. Il convient donc que nous ayons une réflexion globale sur les circulations à l'intérieur de ce grand secteur si nous voulons réussir les jeux Olympiques de 2024. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)

M. David Assouline. Merci du soutien !