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Agressions à l'encontre des élus

15e législature

Question écrite n° 01463 de M. François Bonhomme (Tarn-et-Garonne - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 05/10/2017 - page 3050

M. François Bonhomme attire l'attention de Mme la garde des sceaux, ministre de la justice, sur la recrudescence constatée ces dernières années d'agressions à l'encontre de personnes dépositaires de l'autorité publique.
Les élus, particulièrement les maires de communes rurales, se trouvent confrontés dans l'exercice de leur mandat à des problèmes d'incivilité mais également à des agressions de plus en plus violentes.
Il semble que les auteurs des faits, souvent multirécidivistes et connus des services de police, ne reçoivent comme peine du tribunal que l'obligation de ne plus troubler l'ordre public. Les poursuites à leur encontre paraissent peu nombreuses. Or les pouvoirs publics aussi sont garants du respect que l'on doit aux maires. Une telle réponse de la justice provoque indignation et désarroi chez les élus.
Il lui demande donc de bien vouloir lui indiquer les mesures que notre code de procédure pénale prévoit pour lutter contre de tels faits, quelles sont les poursuites et condamnations qui peuvent être prononcées contre leurs auteurs ainsi que la politique pénale du Gouvernement sur cette question.



Réponse du Ministère de la justice

publiée dans le JO Sénat du 07/12/2017 - page 3889

Les atteintes aux personnes dépositaires de l'autorité publique constituent une atteinte intolérable à l'autorité de l'État et une priorité de l'action de la justice. La lutte contre ces faits justifie la politique pénale ferme et volontariste que le ministère a rappelé régulièrement et que les parquets mettent en œuvre localement. Ainsi, la circulaire du 20 septembre 2016 (relative à la lutte contre les infractions commises à l'occasion des manifestations et autres mouvements collectifs) invite les parquets à la réactivité dans la conduite de l'action publique envers les auteurs de ces infractions. Les atteintes aux personnes dépositaires de l'autorité publique appellent la plus grande rigueur dans les enquêtes diligentées, tant dans le cadre du traitement en temps réel que lors du suivi des enquêtes préliminaires ou des dossiers d'instruction. Cette exigence constitue une préoccupation majeure des parquets dans la direction de la police judiciaire. Chaque atteinte aux personnes dépositaires de l'autorité publique justifie qu'une réponse pénale soit apportée, le cas échéant avec défèrement et comparution immédiate pour les faits les plus graves ou commis par un auteur récidiviste ou réitérant. Pour des cas complexes ou contestés, des informations judiciaires sont ouvertes. Seuls les faits non contestés les moins graves donnent lieu à des mesures alternatives aux poursuites, qui permettent de donner une dimension pédagogique à la réponse pénale, tels que les stages de citoyenneté. Il convient de rappeler que la qualité des personnes dépositaires de l'autorité publique constitue une circonstance aggravante de nombreuses infractions dont elles pourraient être victimes, telles que les violences volontaires, les menaces ou les dégradations de biens. Cette circonstance qui conduit notamment à aggraver les sanctions encourues, est caractérisée dès lors que les faits sont commis en lien direct avec la fonction exercée par la victime et lorsque la qualité de la victime est apparente ou connue de l'auteur. Cette politique pénale ferme est illustrée par les données suivantes. S'agissant des violences commises sur un dépositaire de l'autorité publique, le taux de réponse pénale est de 95 % sur les trois dernières années, là où il est de 82,5 % pour les violences non commises sur dépositaires de l'autorité publique. Par ailleurs, 17 % des auteurs d'infractions contre personnes dépositaires de l'autorité publique ont fait l'objet d'une comparution immédiate, contre 7 % des auteurs de violences non aggravées par cette circonstance (source : SID Cassiopée, DACG/PEPP). Cette sévérité accrue vaut également pour les mineurs. Le taux de réponse pénale est en effet de 96,5 % lorsque la violence est commise sur personne dépositaire de l'autorité publique, contre 91 % pour les autres violences sur majeur (source : SID Cassiopée, DACG/PEPP).