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Campagne de l'institut national du cancer

15e législature

Question écrite n° 01470 de Mme Marie Mercier (Saône-et-Loire - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 05/10/2017 - page 3052

Mme Marie Mercier attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la campagne de l'institut national du cancer, et notamment sur le lien entre alcool et cancer.

Médecin de profession, elle ne remet aucunement en cause ces campagnes de prévention. Elle reconnaît bien évidemment l'importance et le bien-fondé de cet objectif majeur de santé publique qui doit être poursuivi.

Néanmoins, la présence d'un tire-bouchon sur l'affiche portant l'inscription « réduire sa consommation d'alcool diminue le risque de cancers. Franchement, c'est pas la mer à boire » pose question. L'idée véhiculée est que seul le vin serait un élément aggravant en termes de cancers dus à l'alcool. Une telle stigmatisation ne semble pas nécessaire au regard de l'évolution de la consommation de boissons alcoolisées, notamment au sein de la jeunesse. Celle-ci démontre un recul de la consommation de vin au profit de boissons à la teneur en alcool plus importante.

En outre, le vin est une composante importante d'un « art de vivre à la française », qui participe du rayonnement de la France à travers le monde. Élue d'une région viticole, elle trouve cette affiche non seulement réductrice sur le fond mais peu adéquate sur la forme.

Aussi, elle s'interroge sur l'efficacité réelle du message transmis par cette affiche et la possibilité de prendre en compte l'alcool de manière général en lieu et place du seul vin.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 01/02/2018 - page 450

La consommation d'alcool en France est estimée à 11,6 litres d'alcool pur par habitant, soit environ 2,5 verres de 10 g d'alcool par jour et par habitant. Si cette consommation est en baisse depuis plusieurs années, elle demeure néanmoins l'une des plus élevées en Europe et dans le monde. Près d'un adulte sur deux consomme de l'alcool au moins une fois par semaine et 10 % chaque jour, en particulier les plus de 50 ans. Les plus jeunes consomment moins régulièrement mais de façon plus excessive et ponctuelle, avec des épisodes d'ivresse (« binge drinking »). La consommation nocive d'alcool peut conduire à la dépendance et altérer la santé et la qualité de vie, pour soi comme pour les autres. Ainsi, l'alcool est aujourd'hui en France la deuxième cause de mortalité prématurée évitable, après le tabac. Il est responsable de 49 000 décès par an en France, dont 15 000 décès par cancers. L'exposition à l'alcool pendant la grossesse constitue la première cause non génétique de handicap mental chez l'enfant. L'alcool est également à l'origine de 29 % des décès par accident de la route (3 477 tués sur les routes, donc plus de 1 000 morts dus à l'alcool). Face à ces constats, l'Institut National du Cancer (INCa) a lancé, en septembre 2017, une campagne visant à mieux faire connaître les gestes alimentaires quotidiens qui permettent de prévenir les cancers évitables. Parmi les comportements encouragés figure celui de la diminution de sa consommation d'alcool. Mettre à la disposition du grand public les informations qui lui permettront de faire des choix éclairés pour sa santé relève de la responsabilité des autorités sanitaires dont les missions pourraient être niées en cas d'absence d'information de la population sur les risques associés à certains comportements. Par ailleurs, dans le cadre de ses dispositifs de prévention, l'institut national du cancer (INCa) s'attache à promouvoir un discours neutre fondé sur des données probantes, non stigmatisant et prenant en compte les plaisirs associés à la consommation de certains produits, dont l'alcool fait partie. Cette campagne de prévention, qui ne se limite pas uniquement à la question de la consommation d'alcool mais aborde plus largement celle d'une alimentation saine et équilibrée, s'inscrit pleinement dans notre stratégie nationale de santé. Parmi les axes prioritaires de cette stratégie nationale, qui a fait l'objet d'une consultation publique, figure un volet prévention important intégrant plusieurs objectifs de lutte contre l'usage nocif d'alcool.