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Solitude des personnes âgées

15e législature

Question écrite n° 01631 de Mme Marie-Françoise Perol-Dumont (Haute-Vienne - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 19/10/2017 - page 3206

Mme Marie-Françoise Perol-Dumont appelle l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur l'extrême solitude où vivent actuellement près de 300 000 personnes âgées en France.
Selon une étude réalisée par les petits frères des pauvres, près de 2 % des personnes âgées de plus de 60 ans vivent ainsi exclues de la société, sans aucun contact social ni familial. Ces personnes sont en général des femmes de plus de 75 ans, veuves ou dont les liens familiaux se sont rompus. Les personnes les moins autonomes physiquement et financièrement sont également les plus recluses, mais l'isolement géographique n'est évidemment pas à négliger. Ainsi, les personnes de plus de 60 ans craignent davantage l'isolement et la solitude lorsqu'elles vivent en milieu rural et dans les petites agglomérations. Enfin, deux tiers d'entre elles sont également privées d'échanges via internet et les réseaux sociaux, n'étant pas familiarisées avec ces nouveaux usages qui pourraient pourtant leur permettre de se reconnecter avec le monde extérieur, et parfois même avec leur famille.
Des bénévoles d'associations œuvrent pour recréer du lien social avec ces aînés délaissés, mais cela reste hélas hors de proportion avec les besoins. Aussi, pour faire face à cette problématique, elle lui demande quels dispositifs seraient envisageables afin d'aller à la rencontre de ces personnes isolées et de leur permettre de se reconnecter à la vie sociale.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 11/01/2018 - page 111

La lutte contre l'isolement des personnes âgées est un des enjeux de la politique nationale de prévention de la perte d'autonomie. À ce titre, les conférences départementales des financeurs de la prévention de la perte d'autonomie, créées par la loi relative à l'adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015 sont une ressource permettant l'identification des besoins et la mise en œuvre des actions ciblées autour du maintien du lien social des personnes âgées. Certaines de ces actions s'articulent avec la démarche MONALISA, lancée par des associations en 2014 et qui vise à organiser nationalement une démarche interpartenariale et interassociative autour de l'isolement des personnes âgées. Son déploiement étendu à 37 départements constitue sur ces territoires un appui dans l'élaboration et la structuration des actions de lutte contre l'isolement inscrit dans les programmes coordonnées de ces conférences départementales de financeurs de la prévention de la perte d'autonomie. D'autres actions concourant à la lutte contre l'isolement social des personnes âgées se développent sur le repérage des personnes isolées, enjeu important pour réduire le nombre de personnes touchées par l'isolement. Ainsi, le concours de la Semaine Bleue 2017 a récompensé la Maison des Jeunes et de la Culture Montchapet de Dijon pour son action « En vies, ses envies à Montchap', c'est possible », démarche individuelle auprès de séniors très isolés en vue de leur redonner envie de renouer avec la vie sociale. Les actions intergénérationnelles constituent également un des moyens de lutte contre l'isolement. L'objectif est de changer les regards sur la vieillesse et la jeunesse et de susciter une solidarité entre générations. Celle-ci est notamment développée à travers le programme national éducatif « Ensemble demain » porté par le ministère de l'éducation nationale. Ce programme consiste à construire un projet commun enfants-séniors sur la durée d'une année scolaire. L'engagement de la lutte contre l'isolement social passe également par le déploiement de démarches participatives sociales et citoyennes. Le bénévolat mais aussi la participation aux décisions démocratiques dans le cadre des différents échelons territoriaux (quartiers, municipalités, départements…) sont pour les personnes âgées engagées une reconnaissance de leur utilité sociale. Cette démarche participative est particulièrement développée par le Réseau francophone villes amies des ainés (RFVAA), soutenu par le ministère des solidarités et de la santé, et constitue une force dans l'idée du vivre-ensemble et la constitution d'un environnement favorable au bien vieillir. Enfin, sous l'égide de la Direction générale de la cohésion sociale et de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, un Observatoire de l'habitat inclusif a été mis en place réunissant l'ensemble des parties prenantes, qui a permis d'élaborer un guide de montage et soutien aux nombreuses initiatives locales, permettant de replacer les personnes âgées et les personnes en situation de handicap au cœur de la vie sociale.  Ces approches qui fédèrent l'ensemble des acteurs font partie des réponses proposées aujourd'hui et pouvant être soutenues par les conférences des financeurs de la perte d'autonomie. L'objectif du Gouvernement est aussi de mieux faire connaître les réussites en matière de lutte contre l'isolement des personnes âgées, afin que les bonnes pratiques, les initiatives innovantes puissent être diffusées et reprises à leur compte per les différents acteurs locaux.