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Carence en vitamine B9 des femmes enceintes

15e législature

Question écrite n° 01764 de Mme Françoise Férat (Marne - UC)

publiée dans le JO Sénat du 26/10/2017 - page 3309

Mme Françoise Férat attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la carence en vitamines B9 chez les femmes enceintes. En effet, 75 % des Françaises en âge de procréer auraient des apports alimentaires en acide folique inférieurs aux apports conseillés, et 7 % présentent un risque de déficit, ce qui peut entraîner des malformations neurologiques grave chez le fœtus (anomalies de fermeture du tube neural).

C'est pourquoi il est recommandé de le prescrire, sous forme de complément alimentaire, environ quatre semaines avant la conception, jusqu'à huit semaines après celle-ci. Cependant, seule une femme sur quatre en a pris pendant sa grossesse et pour plus de la moitié d'entre elles, après le début de la grossesse, selon l'enquête nationale périnatale.

Elle lui demande de bien vouloir l'informer de ce que le Gouvernement compte mettre en œuvre afin d'améliorer l'information des femmes en âge de procréer.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 22/02/2018 - page 854

La vitamine B9 appelée aussi « acide folique » ou « folates » joue un rôle essentiel dans le développement du fœtus notamment dans la fermeture du tube neural. Elle permet de réduire de manière significative les risques d'un retard de croissance ou de malformations graves chez le bébé à naître. Pour prévenir ces malformations, une prescription systématique de folates, en une prise quotidienne de 400 microgrammes et ce jusqu'à la 12ème semaine d'aménorrhée est recommandée (HAS, 2009), dès que la femme a un souhait de grossesse, par exemple lors d'une consultation avant la grossesse. En France, d'après les données de l'étude nationale nutrition santé réalisée par l'agence nationale de santé publique-santé publique France (ANSP-SPF) (ENNS, 2006-2007), près de 7 % des femmes en âge de procréer (15-49 ans) présentaient un risque de statut déficitaire en folates (mesurés dans le plasma ; taux inférieur à 3ng/mL). Les résultats de l'enquête nationale périnatale de 2016 réalisée par l'institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) montrent que la proportion de femmes ayant commencé à prendre de l'acide folique avant leur grossesse a augmenté entre 2010 et 2016, passant de 14,8 % à 23,2 % mais elle reste limitée. Améliorer le statut en folates des femmes en âge de procréer est l'un des objectifs clefs du programme national nutrition santé (PNNS) depuis 2001. Le PNNS a mis en place notamment des stratégies d'information et d'éducation. Des outils spécifiques à destination des femmes avant et pendant la grossesse ont été élaborés : un dépliant destiné aux femmes, « Vous avez un projet de grossesse ? Pensez à la vitamine B9 » élaboré par l'ANSP-SPF est diffusé depuis 2013 à plus de 400 000 exemplaires ; une affiche a été diffusée auprès des professionnels de santé en 2013 à plus de 130 000 exemplaires afin d'inciter les femmes à parler aux médecins du désir de grossesse ; un document destiné aux professionnels de santé : « Folates et désir de grossesse : informer et prescrire au bon moment » (coll. Les Essentiels de l'Inpes) a fait l'objet d'une communication médias en 2013 dans une sélection de titres de la presse médicale. Ces outils sont disponibles sur le site de l'ANSP-SPF et sur www.mangerbouger.fr. Une alimentation conforme aux repères du PNNS, notamment suffisamment riche en fruits et légumes pourrait suffire à couvrir les besoins. Cependant cette alimentation n'est pas suivie par toute la population. L'ANSP-SPF doit actualiser les repères du PNNS existants pour la population générale à l'été 2018, consécutivement à la publication par l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) en janvier 2017 du rapport scientifique sur la révision des repères de consommation alimentaire du PNNS, et de l'avis du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) de mars 2017. Parallèlement, il est prévu une restitution des travaux de l'Anses sur l'actualisation des repères alimentaires pour les femmes enceintes durant le troisième trimestre 2018. Le volet biologique de l'étude ESTEBAN (étude de santé sur l'environnement, la biosurveillance, l'activité physique et la nutrition), réalisée par l'ANSP-SPF en 2014-2016, dont les résultats sont prévus fin 2018 permettra d'actualiser les données sur le statut en folates des femmes en âge de procréer. Il sera tenu compte de ces expertises et études dans le cadre du futur PNNS, pour redéployer les stratégies de communication et d'information vers la population générale et vers les groupes spécifiques comme les femmes en âge de procréer ainsi que vers les professionnels de santé.