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Migrants à Calais

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0097G de M. Jean-François Rapin (Pas-de-Calais - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 10/11/2017 - page 4666

M. Jean-François Rapin. Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, j'aurais souhaité ne plus jamais évoquer le sujet, j'aurais, pourquoi pas, aimé prendre ce micro pour vous dire que la ville de Calais et son agglomération avaient retrouvé le calme et la sérénité, mais, malheureusement, je m'exprime aujourd'hui pour vous dire qu'il y a encore des problèmes sur ce territoire.

Oui, les moyens ont été mis pour démanteler la Lande, en octobre 2016, à la demande de Xavier Bertrand et de Natacha Bouchart ! Oui, les moyens sont mis pour protéger le tunnel sous la manche, ainsi que le terminal portuaire, et je peux saluer ici le travail des forces de l'ordre attachées à ces missions et celui des services déconcentrés de l'État.

Mais un événement grave survenu la semaine dernière nous fait penser que rien n'est fini, que la sécurité des Calaisiens, plus que jamais, doit être préservée, et, bien sûr, c'est avec émotion que nous pensons à la victime.

Il est de mon devoir de parlementaire de rappeler au Gouvernement, avec force, qu'il ne faut pas se reposer sur ce que l'on croit acquis.

Madame la ministre, Mme Bouchart, maire de Calais, a demandé encore du soutien. Comptez-vous le lui accorder et quelles mesures de fond comptez-vous mettre en place pour que des migrants qui attendent l'eldorado britannique ne stagnent plus sur les terres calaisiennes, mais aussi pour que ce phénomène ne s'étende pas, comme c'est le cas actuellement, sur toute la façade Manche-mer du Nord, en particulier aux communes de Ouistreham et Caen, qui nous ont alertés ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur quelques travées du groupe Union Centriste.)



Réponse du Ministère de l'intérieur

publiée dans le JO Sénat du 10/11/2017 - page 4666

Mme Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre d'État, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur Jean-François Rapin, vous avez rappelé la situation de Calais et fait allusion au tragique acte de viol qui s'est produit la semaine dernière.

Je voudrais, tout d'abord, exprimer toute ma compassion à la victime et à ses proches.

Ce viol appelle à une action toujours plus résolue de l'État en matière de lutte contre la criminalité. Vous le savez, vous l'avez rappelé, il y a une nombreuse présence des forces de l'ordre à Calais puisque 1 100 gendarmes et policiers y sont déployés en permanence. Cette forte implication ne résout pas tous les problèmes, la preuve, mais nous essayons de lutter sur tous les fronts.

Tout d'abord, nous améliorons le contrôle et la sécurité sur la frontière. C'est un point qui doit d'ailleurs faire l'objet d'une coopération étroite avec les Britanniques, car la question de la charge des accords du Touquet reste ouverte. Le ministre de l'intérieur se rendra à Londres prochainement pour en parler avec Mme Rudd, son homologue britannique.

Ensuite, il faut lutter avec une vigilance accrue contre les passeurs, qui s'enrichissent en manipulant les espoirs des migrants. Les démantèlements des filières s'accroissent, et je tiens à dire que ces agissements seront sévèrement punis.

Enfin, nous devons offrir aux migrants que nous dissuadons de passer en Angleterre des possibilités d'accéder à un hébergement digne. C'est ce que nous faisons avec les CAES déployés dans les Hauts-de-France qui permettent d'héberger les personnes et d'examiner leur situation.

Alors, oui, monsieur le sénateur, nous comptons tout faire pour aider Calais, y compris par des soutiens financiers qui sont déjà engagés, comme vous le savez, et qui seront pérennisés, afin d'aider au maximum cette ville qui a besoin, effectivement, de revivre dans la sérénité. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche et sur quelques travées du groupe Union Centriste. – M. Franck Menonville applaudit également.)

M. le président. La parole est à M. Jean-François Rapin, pour la réplique.

M. Jean-François Rapin. Je vous remercie de votre réponse, madame la ministre, et j'en comprends le fond. Toutefois, parmi les requêtes formulées par Mme Bouchard, l'une est très récente : elle a demandé au Président de la République de se rendre sur le site de Calais, lequel se situe à quelques encablures du Touquet (Plusieurs sénateurs du groupe Les Républicains rient.) : une demi-heure d'autoroute seulement ! Cette visite serait un geste fort que, bien évidemment, je saluerais. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées du groupe Union Centriste.)