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Devenir du service auto-train

15e législature

Question écrite n° 01811 de M. Jean-Noël Guérini (Bouches-du-Rhône - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 02/11/2017 - page 3404

M. Jean-Noël Guérini appelle l'attention de Mme la ministre, auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports sur la disparition annoncée de nombreuses dessertes auto-train.
Ce service permet le transport par le rail des voitures, motos, side-cars et quads ainsi que de leurs passagers sur moyennes et longues distances.
Or un publipostage de la SNCF signale qu'à compter du 10 décembre 2017 les gares de Brive, Biarritz, Bordeaux, Toulouse, Narbonne, Lyon et Briançon ne seront plus desservies par le service auto-train, qui ne sera donc plus disponible qu'entre les gares de Paris-Bercy et Avignon, Marseille, Toulon, Fréjus, Nice. La SNCF se veut rassurante en proposant l'acheminement des véhicules via son partenaire Expedicar, un service de transport par la route.
Cette évolution entre en totale contradiction avec l'objectif de l'article 12 de la loi n° 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement qui prévoit « un système de transports intégré et multimodal privilégiant les transports ferroviaires, maritimes et fluviaux dans leur domaine de pertinence » et précise même qu'« afin de rendre plus attractif le transport ferroviaire pour les voyageurs, l'État encouragera le développement du service auto-train. »
En conséquence, il lui demande ce qui peut être envisagé pour maintenir un service à la fois plus respectueux de l'environnement et plus sûr pour ses usagers que le transport routier.



Réponse du Ministère auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports

publiée dans le JO Sénat du 08/02/2018 - page 566

Le service Auto-Train mis en place par la SNCF permet à ceux qui y recourent d'acheminer leur voiture ou leur moto pendant qu'eux-mêmes se rendent à leur destination en train. Très utilisé, il y a quelques dizaines d'années encore, ce service a connu une forte baisse de sa fréquentation depuis 40 ans. Cette tendance s'est confirmée ces quatre dernières années, avec une baisse d'activité de 13 % entre 2013 et 2017. À ce jour, Auto-Train permet de desservir 12 destinations du Sud de la France depuis Paris, une fois par semaine en hiver, tous les jours en été. En 2016, 62 000 véhicules ont été transportés. Compte tenu de la baisse du trafic, Auto-Train est aujourd'hui très déficitaire. Alors que le prix moyen payé par les voyageurs est de 189 €, les coûts de production sont deux fois plus élevés : pour chaque véhicule transporté, la SNCF perd ainsi 168€, soit au total 9,6 M€ en 2016. La SNCF a donc étudié plusieurs hypothèses, dont notamment un arrêt des dessertes vers le Sud-Ouest ou une réduction du nombre de villes desservies dans le Sud-Est. Aucune décision n'est prise à ce stade et ces différents scénarios continuent à être étudiés, dans l'objectif de trouver un meilleur équilibre économique à ces trains. En effet, dans un contexte où l'économie du secteur ferroviaire est fragilisée, il est nécessaire de réfléchir aux moyens du secteur, et notamment des voyageurs du quotidien. C'est le sens de la mission qui a été confiée à Jean-Cyril Spinetta et dont les conclusions seront prochainement rendues au Gouvernement.