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Autisme

15e législature

Question écrite n° 02137 de M. Didier Marie (Seine-Maritime - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 23/11/2017 - page 3652

M. Didier Marie attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé. L'autisme touche en France 100 000 personnes de moins de 20 ans. De nombreuses initiatives ont été développées au fil des ans pour prendre en charge ces personnes et leur assurer la meilleure qualité de vie possible. Parmi celles-ci, la méthode des 3i, développée par l'association autisme espoir vers l'école (AEVE), semble donner des résultats. Cette méthode développementale innovante a pour but de favoriser le développement de l'enfant dans tous les domaines. Elle repose sur la même approche et a les mêmes fondements scientifiques que la thérapie échange et développement recommandée par la Haute autorité de santé. Après avoir pratiquée la méthode des 3i pendant deux ans, 85 % des enfants ont accès au langage, et nombre d'entre eux ont pu réintégrer l'école sans rencontrer de difficultés majeures. Malgré ces résultats encourageants, la méthode des 3i ne fait toujours pas l'objet d'une reconnaissance officielle, et ne bénéficie donc d'aucun soutien public. Il souhaite connaître les intentions du Gouvernement quant à la possibilité de reconnaître l'efficacité de cette prise en charge innovante et par ailleurs peu onéreuse pour les pouvoirs publics.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 25/01/2018 - page 328

Pour qu'une méthode d'intervention puisse être recommandée et utilisée auprès d'enfants autistes, il est nécessaire qu'elle ait été évaluée au préalable. C'est pourquoi la haute autorité de santé (HAS) a été chargée de produire des travaux sur l'état des connaissances (2010) concernant l'autisme et l'élaboration de bonnes pratiques professionnelles chez l'enfant et l'adolescent (2012), rédigées conjointement avec l'agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (l'ANESM). La recommandation de 2012 consacrée à « l'autisme et autres troubles envahissants du développement (TED) : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l'enfant et l'adolescent » décrit une palette d'interventions possibles, chacune faisant preuve d'une cotation par rapport au niveau de preuve dont on dispose. Ces recommandations proposent ainsi d'une part des principes d'organisation de la prise en charge, visant notamment à y associer l'enfant et l'adolescent et ses parents et à proposer un projet d'interventions précoces, globales et coordonnées. Elles développent d'autre part ces interventions personnalisées « globales et coordonnées » et parmi elles les interventions précoces recommandées débutées avant l'âge de quatre ans auprès de l'enfant.  Du fait de l'absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés, certaines interventions globales sont jugées non pertinentes. Cependant, parmi ces interventions non recommandées, il est précisé que la position de non reconnaissance, ne doit pas freiner des travaux de recherche clinique permettant de juger de l'efficacité et de la sécurité des interventions.  La méthode d'intervention auprès des enfants autistes appelée méthode des 3i (individuelle, intensive, interactive) n'a pour ce qui la concerne pas fait l'objet d'une évaluation. Ce constat avait été fait dès juin 2007 dans le rapport « Interventions éducatives, pédagogiques et thérapeutiques proposées dans l'autisme » mené à la demande de la direction générale de l'action sociale (DGAS) par le centre de ressources autisme (CRA) Languedoc-Roussillon et le Docteur Amaria Baghdadli. Le rapport indiquait que cette méthode devait faire l'objet d'une évaluation. Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles publiées par l'ANESM et la HAS en mars 2012 faisaient état des mêmes remarques vis-à-vis de cette méthode.  Les associations souhaitant démontrer la pertinence d'une méthode doivent donc être en mesure de fournir des éléments de preuve, qui permettront de procéder à une évaluation de la méthode. Pour procéder à une telle évaluation, l'association peut s'adresser à la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) qui, dans le cadre de sa section V (comité des subventions), peut financer ce type d'évaluation. Si au terme de l'évaluation les données présentées sont jugées probantes la méthode pourra être considérée comme faisant partie des recommandations de bonnes pratiques par les autorités compétentes. Dans l'attente de la réalisation de cette évaluation, la méthode des 3i n'est pas recommandée par l'ANESM et la HAS, et ne peut donc pas l'être par les instances publiques.