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Diagnostic tardif des cancers chez les personnes âgées

15e législature

Question écrite n° 02217 de M. Rachel Mazuir (Ain - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 30/11/2017 - page 3745

M. Rachel Mazuir appelle l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur le diagnostic tardif des cancers chez les personnes de plus de 75 ans.
Aujourd'hui, un tiers des cancers touche cette tranche de la population et la proportion devrait passer à 50 % dans trente ans. Or selon un rapport de l'observatoire sociétal des cancers publié le 8 juin 2017, les cancers chez les plus de 75 ans sont souvent repérés à un stade avancé, ce qui induit une prise en charge médicale lourde.
Plusieurs raisons justifient ces diagnostics tardifs. D'une part, les personnes d'un certain âge tardent à consulter. D'autre part, elles ont du mal à différencier les symptômes dus au vieillissement de ceux provoqués par un cancer. Enfin, le dépistage systématique des cancers du sein ou du colon n'est plus proposé à partir de cet âge.
Le rapport indique par ailleurs qu'il n'existe pas de traitement du cancer réellement adapté aux malades de plus de 75 ans. En ce sens, la ligue contre le cancer préconise le développement d'essais cliniques spécifiques à cette tranche de la population.
Face à cette situation, il lui demande quelles dispositions le Gouvernement envisage pour favoriser un diagnostic plus précoce du cancer chez les plus de 75 ans et quelles mesures il compte prendre pour favoriser la recherche clinique en oncogériatrie.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 15/02/2018 - page 700

Concernant les diagnostics précoces, proposer un dépistage suppose qu'un certain nombre de critères soient rassemblés. Ces critères sont une maladie (fréquente et entraînant une mortalité importante, détectable à un stade auquel elle peut être soignée), la performance des tests de dépistage, l'existence de traitements efficaces et les bénéfices du dépistage (supérieurs à ses risques). Par ailleurs, les cancers peuvent être dépistés selon différentes modalités : dépistage organisé lorsque les pouvoirs publics invitent à intervalles réguliers une partie de la population à pratiquer un examen précis ; dépistage individuel lorsque cette démarche est envisagée dans le cadre de la relation entre un patient et son médecin. En France, les dépistages organisés concernent le cancer du sein et le cancer colorectal entre 50 et 74 ans pour les personnes à risque moyen. Un dépistage du cancer du col de l'utérus va être organisé à partir de 2018 pour les femmes entre 25 et 65 ans. Ces bornes d'âges sont définies par la Haute autorité de santé sur la base des études scientifiques disponibles qui permettent de définir la population pour laquelle le rapport bénéfice-risque d'un dépistage est favorable. Elles sont revues en fonction des avancées des connaissances scientifiques. Les personnes ne relevant plus des dépistages organisés sont suivies par leur médecin traitant selon des modalités adaptées à leur état de santé et à leurs souhaits. De plus, le plan cancer 2014-2019 consacre trois actions à la prise en compte spécifique des personnes âgées dans son objectif 2 « garantir la qualité et la sécurité des prises en charge », notamment en renforçant la recherche et la formation des médecins dans ce domaine : Action 2.16 : améliorer la prise en charge des personnes âgées atteintes de cancer et la prise en compte de leurs besoins spécifiques, notamment en s'appuyant sur une recherche clinique renforcée pour cette population. Action 2.17 : inclure une formation en gériatrie dans le diplôme d'études spécialisées (DES) d'oncologie et dans la formation de cancérologie. Action 2.18 : intégrer dans les travaux du Comité de réforme de la tarification hospitalière (CORETAH) une réflexion sur les conditions d'administration des médicaments anticancéreux pour les patients âgés en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) afin d'assurer la continuité des traitements contre le cancer.