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Taux de paludisme sur les sites d'orpaillage clandestin en Guyane

15e législature

Question écrite n° 02219 de M. Rachel Mazuir (Ain - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 30/11/2017 - page 3745

M. Rachel Mazuir appelle l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur le taux de paludisme touchant les orpailleurs illégaux en Guyane.
Grâce à la généralisation de nouveaux traitements et au développement des mesures sanitaires, le nombre de cas déclarés de paludisme a été divisé par dix en Guyane ces dernières années, passant de 4 479 cas en 2005 à 434 en 2015.
Cependant, les chercheurs d'or clandestins (93 % de Brésiliens) vivant au cœur de la forêt amazonienne semblent particulièrement touchés. Publiée en mars 2017, une étude menée sur 421 personnes travaillant sur 68 sites d'orpaillage illégal révèle en effet que 22,3 % d'entre eux véhiculent le paludisme. De nombreux cas sont également recensés chez les militaires participant à des opérations anti-orpaillage clandestin.
Alors que l'organisation mondiale de la santé (OMS) entend éradiquer le paludisme notamment dans les pays du plateau des Guyanes, la situation préoccupante de ces chercheurs d'or s'avère un sérieux obstacle. D'autant plus que leur contact permanent avec le parasite du paludisme entraîne chez eux une immunité partielle. Ne ressentant aucun symptôme, ces orpailleurs, pourtant porteurs du parasite, véhiculent la maladie sans le savoir et la transmettent, via les moustiques, à d'autres personnes.
Face à cet enjeu de santé publique, il lui demande quelles actions de prévention le Gouvernement envisage et quelles mesures favorisant le dépistage et le traitement des ces populations isolées il compte prendre afin d'éradiquer la transmission.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 26/07/2018 - page 3895

La Guyane dispose depuis 2015 d'un plan de lutte contre le paludisme, élaboré sous l'égide de l'Agence régionale de santé avec l'appui d'un comité d'experts composé de représentants du service de santé des armées, de l'institut Pasteur, des centres hospitaliers et de la cellule d'épidémiologie de santé publique France (cire Antilles-Guyane). Ce plan s'inscrit dans le cadre du programme d'action mondial contre le paludisme, et comporte un axe consacré au renforcement de la coopération internationale ainsi qu‘une action consacrée à la lutte contre le paludisme des populations mobiles. Saisi par la direction générale de la santé, le Haut conseil de la santé publique a récemment émis une recommandation de traitement radical par primaquine à la suite du traitement curatif des accès à plasmodium vivax et ovale, ce qui permettra de réduire encore la prévalence du portage au long cours du parasite.