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Désengorgement de l'axe autoroutier entre Bordeaux et Biriatou

15e législature

Question orale n° 0159S de M. Max Brisson (Pyrénées-Atlantiques - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 21/12/2017 - page 4568

M. Max Brisson appelle l'attention de Mme la ministre, auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports sur l'importante circulation de poids lourds sur l'axe Bordeaux-Biriatou (25 000 à 35 000 véhicules par jour à hauteur de la frontière franco-espagnole dont 9 000 poids lourds) et sur la nécessité de développer les axes alternatifs, comme l'autoroute de la mer entre Gijon et Nantes et le développement de la ligne Pau-Canfranc-Saragosse.
Aussi, il aimerait savoir si le Gouvernement entend poursuivre le développement de ces axes, par quelles mesures et selon quel calendrier et, si tel n'était pas le cas, ce qu'il entend mettre en œuvre pour limiter la circulation des poids lourds sur le réseau autoroutier.



Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire

publiée dans le JO Sénat du 20/06/2018 - page 6209

M. Max Brisson. Madame la secrétaire d'État, ma question porte sur le désengorgement de l'axe autoroutier A63, qui relie Bordeaux à la frontière espagnole. À Biriatou, cet axe supporte le passage de près de 40 000 véhicules par jour, dont 9 000 poids lourds, et ce dans un secteur hautement urbanisé avec un risque accidentogène extrêmement préoccupant.

Des solutions de remplacement doivent être explorées.

Je pense aux autoroutes de la mer, comme celle entre Gijón et Nantes. Labellisée en 2015, cette dernière ne voit passer que trois ou quatre liaisons par semaine, sans aucun rapport avec l'ampleur du trafic entre la France et l'Espagne.

Je pense également au ferroutage et vous interroge sur les suites et le calendrier de l'appel à manifestation d'intérêt public, lancé en avril 2018.

Je pense enfin à la réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc-Saragosse, cheval de bataille du président Alain Rousset.

Pour autant, ces solutions, si pertinentes soient-elles, ne dévieront qu'une part réduite du trafic de l'A63. C'est pourquoi je souhaite insister de nouveau sur la nécessité de solutions alternatives routières transpyrénéennes.

Un axe potentiel existe à l'est du département des Pyrénées-Atlantiques. En effet, le pôle Pau-Oloron-Sainte-Marie, alors qu'il fait preuve d'un dynamisme économique avéré, est isolé, car sans raccordement digne de ce nom à l'Espagne, notamment à la région de Saragosse.

Au contraire, l'Espagne a construit un réseau routier : il relie Saragosse au Somport, mais débouche malheureusement, côté français, sur la route nationale 134, qui n'est pas à la hauteur des trafics actuels et encore moins de ceux à venir.

Il y a donc urgence à moderniser la route nationale 134, à réaliser l'évitement des bourgs et l'élargissement de certains tronçons. Cela permettrait d'ouvrir un itinéraire vers le centre de la France, en direction de Limoges, délestant à terme le trafic supporté sur l'axe Hendaye-Bordeaux.

Cette sécurisation de la route nationale 134, en particulier les déviations de villages, doit être envisagée à un horizon raisonnable. Cela n'exclut pas la réalisation, à plus long terme, d'une voie rapide entre Pau, le bassin industriel d'Oloron et le tunnel du Somport en direction de Saragosse.

Madame la secrétaire d'État, je souhaite donc connaître la position du Gouvernement sur le développement des autoroutes de la mer et du ferroutage, sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Oloron-Canfranc, ainsi que sur la sécurisation de la route nationale 134 et l'évitement des villages qu'elle traverse.

Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire.

Mme Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire. Monsieur le sénateur Max Brisson, Élisabeth Borne ne pouvant être présente ce matin, elle m'a chargée de vous répondre.

L'État est conscient des enjeux de sécurité et d'environnement liés au trafic routier. C'est pour cela qu'il s'efforce d'adapter et de moderniser le réseau au sud de Bordeaux. La section centrale de l'A63 et la section entre Ondres et Biarritz ont notamment été aménagées, mises à deux fois trois voies et aux normes autoroutières. De plus, la section entre Biarritz et Biriatou est actuellement en travaux, pour une mise en service effective prévue au cours du second semestre de cette année.

Par ailleurs, la modulation des tarifs de péage autoroutiers, en fonction de la norme euro des véhicules, appliquée sur la section centrale de l'A63 constitue une incitation supplémentaire à la modernisation des flottes de poids lourds.

Au-delà, vous savez que la France est engagée, aux côtés de l'Espagne, pour limiter les trafics de poids lourds sur les axes routiers pyrénéens. Un accord a d'ailleurs été conclu en 2009 pour développer deux services d'autoroute de la mer sur la façade atlantique. La France et l'Espagne collaborent aussi depuis 2015 en vue d'instaurer des services d'autoroute ferroviaire sur les versants atlantique et méditerranéen des Pyrénées.

Pour finir, monsieur le sénateur, je rappelle qu'un appel à manifestation d'intérêt auprès des constructeurs de matériel roulant a eu lieu en 2017. Et pour optimiser les conditions de développement de nouveaux services de ce type, un appel à manifestation d'intérêt commun avec l'Espagne, notamment sur l'axe atlantique, est en cours. Les réponses sont attendues pour la fin du mois de juillet, donc très prochainement.

Mme la présidente. La parole est à M. Max Brisson, pour répondre à Mme la secrétaire d'État.

M. Max Brisson. Madame la secrétaire d'État, je vous remercie de ces réponses. Les travaux menés actuellement sur l'A63 sont en effet importants. Mais je crains que la course ne soit perdue d'avance, car la mise à deux fois trois voies ne répond pas finalement, à terme, à l'augmentation très forte du trafic, essentiellement routier.

Dans vos propos, je reconnais la volonté du Gouvernement de développer le ferroutage. J'avais moi-même mentionné cet appel à manifestation d'intérêt et les autoroutes de la mer, même si je pense que peut être développée davantage encore cette branche de l'alternative au transport routier.

J'ai en revanche des réticences par rapport à ce que vous avez dit sur la volonté de ne pas développer d'autres axes routiers transpyrénéens.

Il y a un axe qui peut se dessiner pour éviter la façade atlantique, pour éviter Bordeaux-Biriatou : passant par Limoges, celui-ci trouverait un débouché vers Saragosse, à condition que soit enfin sécurisée la route nationale 134. Il y va de la responsabilité du Gouvernement. Tout au long de cette route nationale, grande est l'inquiétude des maires parce que les déviations ne sont toujours pas prévues, comme est grande l'inquiétude du président du conseil départemental concerné, compte tenu de ce que j'appellerai la « capillarisation » du trafic sur des routes départementales, celles-ci n'étant pas conçues pour recevoir autant de véhicules.

On n'évitera pas, à côté des autoroutes de la mer et du ferroutage, la nécessité de sécuriser la route nationale 134 et de penser vraiment à une liaison entre Pau, Oloron et Le Somport, susceptible de préfigurer une prolongation vers le centre de la France et Limoges.