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Diabète et cécité

15e législature

Question écrite n° 02439 de M. Jean-Noël Guérini (Bouches-du-Rhône - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 14/12/2017 - page 4460

M. Jean-Noël Guérini appelle l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur les atteintes irréversibles que peut causer le diabète sur la vue. En effet, cette maladie concerne plus de trois millions de personnes en France et ce chiffre ne cesse d'augmenter. Or le diabète constitue la principale cause de cécité pour les moins de 50 ans, car trop de sucre endommage la paroi des vaisseaux sanguins, surtout les plus fins, comme ceux de la rétine, qui s'avèrent essentiels pour la vision. Une simple prise de sang dès 40 ans, même en l'absence de symptôme, permettrait pourtant de vérifier le taux de sucre dans le sang et, en cas de diabète avéré, de surveiller la vue puis, si c'est nécessaire, de mettre aussitôt en place des solutions, comme certaines injections ou du laser, afin d'empêcher l'évolution des lésions.
En conséquence, il souhaiterait savoir si elle compte instaurer ce dépistage simple et rapide du diabète, susceptible d'éviter des dégâts irréversibles pour la vue des patients atteints.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 15/02/2018 - page 701

La progression du surpoids et surtout de l'obésité, le manque d'activité physique et l'augmentation de l'espérance de vie, sont autant de facteurs invoqués pour la progression préoccupante de la prévalence du diabète (3,3 millions de personnes traitées pour diabète en 2015) et plus particulièrement du diabète de type 2, qui représente plus de 90 % des cas. La lutte contre le diabète de type 2 repose sur une stratégie globale, correspondant aux orientations de la stratégie nationale de santé. Il s'agit d'abord de l'adoption dans la population française d'habitudes de vie favorables à la santé, s'appuyant sur plusieurs plans ou programmes nationaux de santé publique. Le Programme national nutrition santé (PNNS), le plan « sport santé bien-être », le plan national santé environnement promeuvent l'accès à une alimentation favorable à la santé et la pratique d'une activité physique régulière. Parmi les mesures récentes figurent, outre les actions d'information et d'éducation, la taxe sur les sodas introduite en 2012, l'étiquetage nutritionnel obligatoire avec le Nutriscore, l'interdiction des fontaines à soda et la prescription médicale de l'activité physique pour les personnes atteintes de maladie chronique. La Caisse nationale d'assurance maladie et le ministère des solidarités et de la santé pilotent l'expérimentation du programme « Dites non au diabète » de repérage et accompagnement de personnes à risque élevé de diabète, qui démarrera en 2018, et pour cinq ans, dans trois départements (Bas-Rhin, Réunion et Seine-Saint-Denis). La Haute autorité de santé a actualisé en 2014 ses recommandations sur le contrôle du diabète en préconisant la pratique d'un dépistage dit opportuniste chez les personnes de plus de 45 ans (surpoids, facteurs de risque, antécédents…) et plus systématiquement dans des communautés plus exposées. Ce volet sera mis en œuvre dans le cadre de la stratégie nationale de santé 2018-2022, qui prévoit de développer une politique de repérage, dépistage et prise en charge précoce des pathologies chroniques, dont le diabète et les complications cardio-neurovasculaires. Pour la rétinopathie diabétique, la possibilité d'un dépistage par télémédecine, en coopération entre orthoptiste et ophtalmologiste, par rétinographie avec lecture différée hors présence du patient, a été mise en place depuis 2015, avec prise en charge par l'assurance maladie.