Question de M. LELEUX Jean-Pierre (Alpes-Maritimes - Les Républicains) publiée le 28/12/2017

M. Jean-Pierre Leleux se fait l'écho auprès de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères des inquiétudes qu'inspirent, à de nombreux observateurs et amis de la Turquie, les multiples entraves à la liberté d'expression dans ce pays et les arrestations dont sont victimes les militants turcs des droits de l'Homme et les journalistes de la presse indépendante. Il attire plus particulièrement son attention sur le cas du président de la section turque d'Amnesty International, incarcéré depuis le mois de juin 2017 à Izmir avec vingt-trois autres détenus dans une cellule prévue pour huit personnes, sans qu'aucune des charges retenues contre lui n'ait pu être prouvée. La France ne s'honorerait-elle pas à exprimer son indignation auprès des autorités turques et à réclamer la libération d'une personnalité telle que ce représentant emblématique et courageux d'une société civile réduite au silence par une justice partisane ? Il lui demande quelles mesures le Gouvernement français et l'Union européenne prévoient de prendre pour obtenir sa libération immédiate, sa détention prolongée affectant gravement la réputation d'un pays ami de la France et candidat à l'entrée dans l'Union européenne.

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Réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères publiée le 12/04/2018

La France est préoccupée par l'évolution de la situation en Turquie, en particulier au sujet du respect des droits fondamentaux et des libertés politiques, qu'elle suit avec une grande attention. Elle appelle au respect des engagements européens et internationaux librement souscrits par Ankara en matière de standards démocratiques et de règles de l'État de droit. Les messages les plus clairs ont été passés à cet égard par le président de la République à son homologue turc à l'occasion de la visite de ce dernier en France le 5 janvier dernier. Cela vaut notamment pour les défenseurs des droits de l'Homme arrêtés cet été en Turquie, parmi lesquels le président et la directrice de la branche turque d'Amnesty International, M. Taner Kiliç et Mme Idil Eser, qui sont l'objet d'une vigilance particulière de la part des autorités françaises. Le consulat général de France à Istanbul était présent aux trois premières audiences du procès et la France a publiquement appelé à la libération de M. Kiliç, seul accusé encore incarcéré. La France poursuit son dialogue étroit à ce sujet avec les autorités turques.

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