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Avenir du site nucléaire d'Areva au Tricastin

15e législature

Question écrite n° 02694 de M. Didier Guillaume (Drôme - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 28/12/2017 - page 4658

M. Didier Guillaume attire l'attention de M. le ministre de l'économie et des finances sur la sécurité et l'avenir du site nucléaire d'Areva au Tricastin dans la Drôme.

Ce site fait, en effet, l'objet d'une actualité intense en matière de sécurité.

Ainsi, après le constat de la vulnérabilité de la digue Donzère-Mondragon en cas d'accident sismique et afin de tenir compte des préconisations post accident de Fukushima, l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé l'arrêt des quatre réacteurs du site.

À la suite des travaux de renforcement de la digue réalisés depuis le mois de septembre 2017, l'ASN a récemment autorisé le redémarrage des réacteurs. De nouveaux travaux de consolidation sont prévus à l'horizon 2020.

C'est pourquoi, à l'heure où des annonces sont faites en matière de réduction de la part du nucléaire dans l'offre énergétique et où est lancée une mission d'information parlementaire sur la sureté nucléaire, il l'interroge sur le niveau de sécurité de la centrale nucléaire du Tricastin et sur son devenir à moyen et long termes.

Transmise au Ministère de la transition écologique et solidaire



Réponse du Ministère de la transition écologique et solidaire

publiée dans le JO Sénat du 19/04/2018 - page 1972

La sûreté nucléaire est une priorité pour le Gouvernement. Le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire suit avec beaucoup d'attention les évaluations complémentaires de la sûreté des installations nucléaires françaises vis-à-vis des situations extrêmes. Cette démarche a été lancée après la catastrophe de Fukushima au Japon sur le site du Tricastin. EDF a réalisé des renforcements de la portion de la digue Donzère-Mondragon. L'expertise menée par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) à la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur cette digue ainsi renforcée confirme l'absence de brèche en cas de séisme majoré de sécurité. EDF s'est engagée à mettre en place une surveillance renforcée de la digue et prévoit de procéder à un nouveau renforcement de la digue à l'horizon de 2020 afin qu'elle résiste au séisme extrême défini dans le cadre des évaluations complémentaires de sûreté menées après l'accident de Fukushima. L'ASN considère que les performances globales de la centrale nucléaire du Tricastin en matière de sûreté nucléaire, de protection de l'environnement et de radioprotection rejoignent l'appréciation générale des performances que l'ASN porte sur les installations d'EDF. Elles s'inscrivent en outre dans la continuité des performances obtenues par la centrale nucléaire du Tricastin. Pour le quatrième réexamen périodique décennal du palier 900 MWe qui débutera par le réacteur n°  1 de la centrale nucléaire du Tricastin en 2019, EDF a transmis fin 2013 son dossier d'orientation du réexamen de sûreté, présentant les contrôles et les études génériques à l'ensemble des réacteurs de 900 MWe qu'il compte réaliser. Ce quatrième réexamen de sûreté des réacteurs de 900 MWe s'inscrit dans un cadre particulier à deux titres : tout d'abord, il est l'occasion de terminer l'intégration des modifications prescrites à l'issue des études complémentaires de sûreté (ECS) réalisées à la suite de l'accident de la centrale de Fukushima-Daiichi ; ensuite, le législateur a prévu de soumettre, après enquête publique, les dispositions proposées par l'exploitant lors des réexamens au-delà de la trente-cinquième année de fonctionnement d'un réacteur électronucléaire à une autorisation de l'ASN. Ainsi, quelles que soient les orientations retenues par le Gouvernement dans le cadre de la prochaine programmation pluriannuelle de l'énergie, EDF devra assurer la démonstration de la sûreté et de la sécurité de la centrale nucléaire du Tricastin et même proposer des améliorations pour poursuivre son fonctionnement après 2020 pour le réacteur n°  1, 2021, 2023 et 2025 pour les réacteurs n°  2, 3 et 4. Le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire a toute confiance dans l'action de l'ASN et reste attentif à la complète mise en application de ces améliorations dans le domaine de la sûreté nucléaire.