Allez au contenu, Allez à la navigation

Baisse de la natalité

15e législature

Question écrite n° 03188 de M. Jean-Noël Guérini (Bouches-du-Rhône - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 15/02/2018 - page 624

M. Jean-Noël Guérini appelle l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la baisse de la natalité en France.
Dans son numéro de janvier 2018 d'Insee Première, portant le titre de « Bilan démographique 2017 », l'institut national de la statistique et des études économiques dresse un tableau assombri de la démographie française. En effet, le nombre de naissances baisse pour la troisième année consécutive. En 2017, 767 000 bébés sont nés en France, soit 17 000 de moins qu'en 2016. L'indicateur conjoncturel de fécondité est également en recul pour la troisième année, à 1,88 enfant par femme en 2017 (contre 1,92 en 2016). Il demeure néanmoins le plus élevé d'Europe et le solde naturel (la différence entre les nombres de naissances et de décès) reste positif bien qu'historiquement bas. La population a donc augmenté globalement pour atteindre 67,2 millions d'habitants.
Pour autant, les années de dynamisme démographique exceptionnel semblent révolues, c'est pourquoi il aimerait savoir quelles réflexions sont poursuivies pour comprendre et endiguer ce phénomène alarmant.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 24/05/2018 - page 2509

La natalité diminue en France passant ainsi de 785 000 naissances en 2016 à 767 000 en 2017. Il s'agit de la troisième année consécutive de baisse. Ce phénomène peut s'expliquer, d'une part, par l'effet de la baisse du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants, d'autre part, par la diminution de l'indicateur conjoncturel de fécondité. Concernant ce dernier point, le report des naissances à des âges maternels plus avancés, observé depuis quarante ans, se poursuit : les données de l'INSEE soulignent que l'âge moyen des mères (pour les naissances vivantes) est passé de 29,9 ans en 2010 à 30,4 ans en 2016. L'indicateur conjoncturel de fécondité (1,89 en 2016 et 1,85 en 2017) indique une baisse du taux de fécondité avant 35 ans et un ralentissement de l'augmentation du taux de fécondité après 35 ans. En parallèle, l'Enquête Nationale Périnatale montre que le niveau d'études des femmes continue d'augmenter : la part des femmes ayant suivi des études au-delà du baccalauréat est passée de 42,8 % en 2003 à 52,1 % en 2010 et est actuellement de 55,4 %. L'augmentation est particulièrement forte chez les femmes ayant un niveau d'études supérieures ou équivalent à bac + 5, dont la part est passée de 12,9 % à 17,9 % entre 2010 et 2016. Ainsi, l'allongement des études chez l'ensemble des jeunes depuis plusieurs décennies, et plus spécifiquement chez les femmes, pourrait expliquer en partie l'augmentation de l'âge maternel. Il est intéressant de constater que la situation du marché de l'emploi et les politiques familiales influent également sur le taux de natalité. Ainsi, en France, les politiques sociales et familiales ont eu un effet protecteur jusqu'en 2015 sur la baisse de la fécondité observée dans la plupart des pays développés suite à la crise économique de 2008. Enfin, malgré une baisse de la natalité, il faut noter une hausse de la population française de 233 000 personnes qui équivaut à une croissance de + 0,3 % en 2017. Cette progression est principalement due au solde naturel, différence entre les nombres de naissances et de décès.