Question de M. LAURENT Pierre (Paris - CRCE) publiée le 15/02/2018

M. Pierre Laurent attire l'attention de Mme la ministre des armées sur les circonstances de la mort de Maurice Audin.
Dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes. Il disparaîtra à jamais.
En mars 2014, un appel signé de 171 personnalités a demandé qu'il soit enfin dit la vérité sur cette affaire.
Le 18 juin 2014, le président de la République avait publié un communiqué déclarant : « Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd'hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l'évasion qui avait été avancée à l'époque. M. Audin ne s'est pas évadé. Il est mort durant sa détention. » Pourtant depuis cette déclaration ni ces documents ni ces témoignages ainsi évoqués, pourtant concordants et nombreux selon ce communiqué, n'ont été révélés.
Selon la presse, reprenant une déclaration publique d'un député, le président de la République aurait fait part récemment de son « intime conviction » que Maurice Audin, qui s'engageait pour l'indépendance de l'Algérie, a été « effectivement assassiné par l'armée française ».
L'exigence que l'État français reconnaisse la vérité sur l'assassinat de Maurice Audin est de plus en plus forte.
Il lui demande quelles mesures elle compte prendre en vue de la satisfaire.
Il lui demande également si, dans ce cadre, il ne serait pas nécessaire notamment de faire tout ce qui est possible en vue de recueillir des témoignages d'acteurs clés encore vivants.

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Transmise au Secrétariat d'État auprès de la ministre des armées


Réponse du Secrétariat d'État auprès de la ministre des armées publiée le 19/04/2018

Le ministère des armées a d'ores et déjà pris toutes les dispositions relevant de sa compétence susceptibles de contribuer à l'émergence de la vérité s'agissant des circonstances de la disparition de Maurice Audin, survenue en 1957 en Algérie. Le recensement de la totalité des documents se rapportant à cette disparition détenus par le Service historique de la défense (SHD) à Vincennes et par le Dépôt central d'archives de la justice militaire à Le Blanc a ainsi été organisé dans un premier temps. Consécutivement à la déclassification des documents qui portaient une mention de protection, l'ensemble des archives recueillies a, dans un deuxième temps, directement été remis à la veuve de l'intéressé, le 1er février 2013 à l'hôtel de Brienne. Enfin, un arrêté publié au Journal officiel du 23 février 2013 a institué une dérogation générale permettant la libre consultation du dossier concernant Maurice Audin conservé par le SHD, incluant un témoignage écrit, en date du 19 décembre 2012, émanant du fils de l'un des protagonistes de l'affaire. Le ministère des armées ne dispose d'aucun autre document sur cette affaire.

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