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Menace de fermeture des stations Météo France de Chamonix-Mont-Blanc et Bourg-Saint-Maurice-Les Arcs

15e législature

Question écrite n° 03468 de Mme Martine Berthet (Savoie - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 22/02/2018 - page 793

Mme Martine Berthet attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur la menace de fermeture des stations Météo France de Chamonix-Mont-Blanc et Bourg-Saint-Maurice-Les Arcs. Le milieu montagnard est un milieu dont la météorologie est particulièrement compliquée à prévoir ; il faut constater de surcroît que les conséquences d'un aléa climatique peuvent avoir, plus qu'ailleurs, un impact redoutable sur la sécurité des personnes et des biens. C'est dans ce contexte que la présence d'une équipe sur place constitue tout sauf du luxe en milieu de montagne, a fortiori compte tenu des dérèglements climatiques que le territoire subit de manière encore plus forte que les autres territoires depuis quelques années. L'actualité l'a une nouvelle fois démontré avec les deux épisodes neigeux et pluvieux de janvier et février 2018 qui ont placé la vallée de Chamonix et la Tarentaise dans une situation très périlleuse au regard du risque (plus de cent chalets évacués, près de deux mille personnes confinées dans leur habitation lors de l'épisode des 20-23 janvier 2018). Les élus locaux de montagne sont démunis lorsque survient ce type d'événement climatique, quelle que soit leur connaissance du milieu. C'est ainsi que la présence et l'assistance d'ingénieurs et agents de l'antenne de Météo France en commission de sécurité constituent un soutien irremplaçable car elles conditionnent la qualité et la précision de la prévision via notamment la meilleure évaluation in situ du niveau de stabilité du manteau neigeux en période critique. L'expertise de Météo France est donc indispensable comme outil d'aide à la décision, surtout que si l'action publique locale était mise en cause, ce serait la responsabilité du maire et de lui seul qui serait directement engagée. Par ailleurs, si le risque avalanche est le principal en période hivernale, nos territoires sont également confrontés à un risque inondation ou torrentiel de plus en plus marqué en dehors de cette saison, dont la nécessaire prévention est conditionnée par la qualité de la prévision météorologique. Elle lui demande donc s'il entend bien garantir le maintien de ces deux stations ou antennes indispensables à la meilleure évaluation possible du risque météorologique et à la meilleure sécurisation possible des populations, sans compter l'enjeu majeur lié à l'économie touristique et au surcroît considérable de population engendré par l'attractivité touristique de nos territoires.

Transmise au Ministère de la transition écologique et solidaire



Réponse du Ministère de la transition écologique et solidaire

publiée dans le JO Sénat du 27/12/2018 - page 6811

Le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, est très vigilant quant à la qualité des services rendus par Météo-France aux acteurs des territoires dans le cadre de ses missions de service public, notamment dans les communes de montagne, telles que Chamonix-Mont-Blanc et Bourg-Saint-Maurice-Les-Arcs, soumises à une grande variété de risques naturels pouvant affecter la sécurité des personnes et des biens. L'objectif d'une haute qualité des prévisions météorologiques impose d'intégrer les progrès technologiques et scientifiques accomplis ces dernières décennies en matière de prévision numérique et de systèmes d'information et d'observation. Parallèlement, il importe d'optimiser les moyens des administrations et opérateurs de l'État. C'est pourquoi il a été demandé au président-directeur général de Météo-France d'élaborer et de porter un projet global concernant l'établissement. Sur la base du resserrement du réseau territorial de l'établissement décidé en 2008 et réalisé dans le cadre du contrat d'objectifs et de performance 2012-2016, Météo-France a étudié un nouveau projet interne dédié, « Evol'Alpes », qui devrait permettre d'intégrer les progrès technologiques et scientifiques à la prévision opérationnelle dans les Alpes du Nord en confortant les compétences et ressources météorologiques au sein d'un pôle de compétence spécialisé implanté à Grenoble. Ce pôle devrait assurer à distance des prestations équivalentes et de manière transparente pour l'utilisateur, au fur et à mesure des départs des agents en poste sur les sites de Bourg-Saint-Maurice-Les-Arcs et de Chamonix-Mont-Blanc. Par ailleurs, les progrès en matière de modélisation numérique du temps doivent permettre de consolider la finesse des prévisions météorologiques et climatiques, notamment sur les zones de relief. Afin de permettre leur intégration dans la prévision opérationnelle, il est prévu de conforter les moyens de calcul de haute performance de l'établissement, ce qui permettra une meilleure anticipation des risques sur les territoires de montagne. Compte tenu des particularités de la prévision météorologique de montagne, le conseil général de l'environnement et du développement durable a été missionné pour effectuer une évaluation précise de l'évolution de l'organisation de l'établissement dans les Alpes du Nord en matière de gestion des risques d'avalanche. Les résultats de cette étude, qui est en cours, permettront d'apprécier la pertinence et la faisabilité du projet porté par Météo-France. Ces éléments éclaireront les choix nécessaires pour faire bénéficier l'ensemble des usagers des progrès scientifiques et techniques acquis par l'établissement, en particulier au service d'une meilleure sécurité des personnes et des biens.