Allez au contenu, Allez à la navigation

Conséquences de la restructuration de Météo-France dans le Rhône

15e législature

Question orale n° 0297S de Mme Élisabeth Lamure (Rhône - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 29/03/2018 - page 1422

Mme Élisabeth Lamure attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire sur les conséquences du programme « Action publique 2022 » pour l'établissement public Météo-France.
Elle lui rappelle que, dans ce cadre, il est prévu de fermer différents centres de proximité en région Auvergne – Rhône-Alpes d'ici 2022 : Aurillac, Clermont-Ferrand, Chamonix, Bourg-Saint-Maurice et Montélimar. Ces fermetures entraîneront mécaniquement un report et une concentration de l'activité sur les grands centres restants, en particulier celui situé à Bron dans le Rhône. Face à cela et face aussi à une baisse annoncée des effectifs, le personnel craint de ne plus pouvoir assurer correctement ses missions.
Elle souhaite donc savoir quelles mesures seront prises pour permettre de maintenir une qualité de service optimale au centre Météo-France de Bron.



Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire

publiée dans le JO Sénat du 20/06/2018 - page 6207

Mme Élisabeth Lamure. Madame la secrétaire d'État, dans le cadre du plan Action publique 2022, l'État envisage la fermeture de plusieurs centres Météo-France en région Auvergne-Rhône-Alpes, ce qui se traduirait à l'échelle de la France par 500 postes supprimés et une baisse de 2 % du budget. Cela ne sera pas sans effet sur les centres ouverts restants, comme celui de Lyon-Bron, qui devra non seulement endosser les missions et l'activité des établissements fermés, mais aussi le faire avec un budget et des effectifs en baisse. Les personnels du centre de Lyon-Bron sont inquiets de devoir, à l'avenir, concentrer toute l'activité météorologique régionale. Seront-ils en capacité de remplir leur mission ? Le plan Action publique 2022 ne va-t-il pas limiter encore davantage les services publics dans les territoires ?

Ce ne sera profitable ni aux salariés, en termes de conditions de travail, ni aux départements, qui vont perdre un service de qualité. Il faut rappeler que les analyses produites par Météo-France sont des données très utilisées par les différents acteurs locaux : agriculteurs, entreprises, collectivités.

Madame la secrétaire d'État, à la lumière de l'exemple lyonnais, pouvez-vous nous préciser les intentions du Gouvernement concernant le devenir de Météo-France et, plus généralement, les orientations qu'il souhaite donner au plan Action publique 2022 ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire.

Mme Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire. Madame la sénatrice Élisabeth Lamure, le Gouvernement est très attaché et attentif à la qualité des services rendus par Météo-France dans le cadre de ses missions de service public. Chacun le sait, cet organisme fait un travail absolument essentiel, auquel nous tenons profondément.

Notre objectif est d'obtenir une qualité croissante des prévisions météorologiques. Cela impose d'intégrer les progrès technologiques et scientifiques accomplis au cours des dernières années. Parallèlement, il faut aussi maîtriser les dépenses publiques, en optimisant les moyens des administrations et des opérateurs de l'État. C'est tout l'objet du programme Action publique 2022, que vous avez mentionné.

C'est pourquoi le Gouvernement a demandé au président-directeur général de Météo-France d'élaborer un projet global concernant l'établissement.

Par ailleurs, les progrès en matière de modélisation numérique du temps doivent permettre de consolider la finesse des prévisions météorologiques et climatiques, notamment pour ce qui concerne les zones de relief. Pour permettre leur intégration dans la prévision opérationnelle, il est donc prévu de conforter les moyens de calcul de haute performance de l'établissement, ce qui s'est également traduit budgétairement. Cela permettra notamment une meilleure anticipation des risques sur les territoires de montagne.

Le contrat d'objectifs et de performance 2017-2021 de l'établissement confirme d'ailleurs cette orientation. Il propose, pour les activités de sécurité des personnes et des biens et de prévision généraliste, une structuration du réseau territorial de Météo-France en métropole autour de sept centres météorologiques interrégionaux.

Ainsi, les activités de climatologie et de prévision sur le Cantal, la Drôme et le Puy-de-Dôme seront progressivement reprises à l'échelle interdépartementale, et les ressources de Météo-France à terme concentrées au sein du centre interrégional de Lyon-Bron.

Nous veillerons à la poursuite, par Météo-France, de la conduite des évolutions du réseau territorial lui permettant de remplir ses missions en conservant une qualité de service optimale, tout en tenant compte de l'évolution de ses effectifs, de ses besoins et des moyens technologiques. Telle est l'équation que nous voulons résoudre.

Mme la présidente. La parole est à Mme Élisabeth Lamure, pour répondre à Mme la secrétaire d'État.

Mme Élisabeth Lamure. Madame la secrétaire d'État, si votre réponse est de nature à rassurer les personnels de Météo-France dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, je veux vous rappeler que le Sénat n'a eu de cesse d'appeler l'attention du Gouvernement sur la dégradation de la cohésion des territoires. J'espère que ce dernier saura s'en souvenir lorsqu'il mettra en place le plan Action publique 2022.