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Défis circulant sur internet à destination des adolescents

15e législature

Question écrite n° 08395 de Mme Brigitte Lherbier (Nord - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 03/01/2019 - page 8

Mme Brigitte Lherbier attire l'attention de M. le secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances et du ministre de l'action et des comptes publics, chargé du numérique sur la problématique des défis circulant sur internet à destination des adolescents notamment le « Momo challenge ».
La menace des jeux dangereux incitant les jeunes à mettre leur vie en danger ne cesse de croître depuis quelques années. L'émergence de ces nouveaux défis est facilitée en raison du grand nombre de partage sur les réseaux sociaux ainsi qu'à la multiplication des plates-formes sur lesquelles ils apparaissent.
Un nouveau défi circule sur internet, il s'agit du « Momo challenge ». Ce défi arrivant d'Amérique latine, se propage en France via un message reçu sur une application de messagerie instantanée utilisée majoritairement par les jeunes. Commencent alors des défis mettant en danger la vie des adolescents s'y prêtant ; un seul refus transformera la suite du jeu en un véritable cauchemar.
Ce jeu profite du mal-être des adolescents et les pousse dans leurs retranchements allant parfois jusqu'à leur faire commettre l'irréparable c'est à dire le suicide, par du chantage notamment. En effet, si ces derniers refusent un défi, le harceleur menace de révéler des informations à caractère personnel à leur sujet.
C'est pourquoi elle lui demande quels moyens pourraient être mis en place, en dehors des systèmes de prévention ordinaire, afin d'empêcher la propagation de tels défis sur les réseaux sociaux.

Transmise au Ministère de la justice



Réponse du Ministère de la justice

publiée dans le JO Sénat du 28/03/2019 - page 1690

Les challenges qui émergent de manière récurrente auprès des adolescents, utilisent un langage et des représentations issues du discours adolescent et les mettent dans une position de défi pour les attirer et obtenir une réponse. Ils placent alors les utilisateurs en situation d'être victimes de harcèlement, de chantage et d'emprise forte. Les adolescents insécurisés ou trop isolés, comme peuvent l'être ceux qui utilisent de façon itérative les réseaux sociaux, sont particulièrement vulnérables face à ce type d'agressions. Outre les conséquences pénales possibles pour les auteurs face aux qualifications de harcèlement, incitation au suicide ou piratage des données privées, un certain nombre de dispositifs permet d'alerter sur ces situations, de les repérer et de prévenir leurs conséquences. Le rôle du numéro d'urgence 119 « allô enfance en danger » est essentiel en ce qu'il permet à tout individu repérant un risque de danger pour un enfant, ou à l'enfant lui-même, d'alerter sur sa situation et de mettre en place une évaluation et un accompagnement adapté. Le ministère de la justice participe activement aux actions de communication et de sensibilisation menées par le Service National d'Accueil Téléphonique pour l'Enfance en Danger, qui visent l'ensemble de la population, en particulier les enfants et adolescents eux-mêmes. En outre, certaines formations menées par l'école nationale de la protection judiciaire de la jeunesse ont pour objet de sensibiliser les professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) à la problématique de l'emprise mentale et à la nécessité de développer l'esprit critique des jeunes, pour prévenir ce type de pratiques à risques. Certains services de la PJJ organisent par ailleurs des activités visant à alerter les jeunes sur les dangers du numérique et à leur donner les moyens d'y faire face. C'est notamment le cas du permis numérique, outil de prévention et d'éducation à l'usage du numérique, développé par la direction territoriale de la PJJ de Franche-Comté, qui vise le public adolescent ainsi que leurs parents, les professionnels du champ médico-social et de la PJJ. La direction de la protection judiciaire de la jeunesse promeut ce type d'activités et de formations, notamment au sein du conseil national de la protection de l'enfance (CNPE), qui s'est penché sur cette problématique au cours de l'année 2018 et émet chaque année des recommandations à l'attention du Gouvernement afin d'améliorer les dispositifs de protection de l'enfance. À cet égard, le CNPE recommande par exemple la transposition, par voie législative et règlementaire, des protections des mineurs existantes dans l'organisation des activités numériques, ainsi que la mise en œuvre d'un programme de prévention ambitieux à destination des enfants, des adolescents, des parents et des professionnels œuvrant auprès des enfants et des jeunes, adossé à un réseau national de dispositifs experts et permanents.