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Lutte contre les violences racistes, antisémites et homophobes

15e législature

Question écrite n° 08493 de Mme Martine Filleul (Nord - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 17/01/2019 - page 220

Mme Martine Filleul attire l'attention de Mme la secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, sur l'augmentation des violences racistes, antisémites et homophobes dans le pays.

En effet, depuis plusieurs semaines, on observe un climat de tensions et une augmentation sensible des violences à caractère raciste, antisémite ou bien encore homophobe. S'il faut saluer la libération de la parole des victimes, que l'on constate, en particulier sur les réseaux sociaux, ne peuvent être acceptés ces violences et ce climat délétère dans notre République.

C'est pourquoi elle l'interroge sur les initiatives que le Gouvernement compte prendre afin de remédier le plus rapidement possible à ces situations.



Réponse du Secrétariat d'État auprès du Premier ministre, chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

publiée dans le JO Sénat du 27/06/2019 - page 3393

La haine anti-LGBT reste forte aujourd'hui en France en dépit d'avancées indiscutables dans le domaine de l'égalité des droits. En 2018, les forces de police et de gendarmerie ont enregistré 1 378 victimes d'infractions à caractère homophobe ou transphobe contre 1 026 en 2017 (+ 34,3 %). Ces chiffres témoignent de la persistance de l'homophobie et de la transphobie dans la société. Ils témoignent aussi de la plus grande propension des victimes à porter plainte. Une enquête de l'IFOP réalisée en avril 2019 pour la Fondation Jasmin Roy, l'observatoire LGBT+ de la Fondation Jean Jaurès et la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) a par ailleurs établi que 55 % des personnes LGBT avaient déjà été confrontées au cours de leur vie à au moins une forme d'agression anti-LGBT, et plus d'une sur cinq à des violences physiques. Cette hausse des actes de haine anti-LGBT appelle à une vigilance accrue des pouvoirs publics et à une mobilisation plus forte de toute la société. Un nouveau plan national de lutte contre la haine et les discriminations anti-LGBT est en cours de préparation avec l'ensemble des ministères et les associations mobilisées dans la lutte contre la haine anti-LGBT. Ce nouveau plan s'inscrit dans le prolongement du plan national 2017-2019, qui a acté l'élargissement des compétences de la DILCRAH et la mise à disposition d'une enveloppe dédiée de 1,5 million d'euros par an. Sur ce budget, 500 000 euros ont été alloués à un appel à projets qui a permis de financer 292 projets dédiés à la lutte contre la haine et les discriminations LGBTphobes en 2019. L'ensemble du Gouvernement est résolument déterminé à agir contre toutes les discriminations et les actes de haine envers les personnes LGBT. L'homophobie n'est pas une opinion, c'est un délit.