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Réforme du lycée et du baccalauréat et formation des élèves en sciences économiques et sociales

15e législature

Question écrite n° 08523 de M. Christophe Priou (Loire-Atlantique - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 24/01/2019 - page 371

M. Christophe Priou attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur le contenu des programmes de sciences économiques et sociales. Il lui a déjà faire part antérieurement de l'inquiétude ressentie par les professeurs de sciences économiques et sociales devant les modifications induites par la réforme du bac 2021 sur la structure du lycée général. Après la question des horaires et de la structure, c'est aujourd'hui le contenu de l'enseignement de cette discipline qui suscite des inquiétudes. Les enseignants font notamment part d'une séparation disciplinaire rigide, cloisonnant pour l'essentiel l'économie et les autres sciences sociales et interdisant donc de porter des regards pluridisciplinaires fructueux sur des thèmes comme le marché ou la monnaie. Par ailleurs très peu problématisés, ils tendent à n'apporter que des réponses figées, niant la réalité des débats scientifiques et démocratiques, interdisant de saisir les grands enjeux qui traversent nos sociétés contemporaines et empêchant de donner du sens aux apprentissages des élèves. Non pluralistes, ils imposent de transmettre une seule grille de lecture des enjeux économiques et sociaux. La marginalisation de l'approche macroéconomique au profit d'une approche microéconomique prédominante entraîne en particulier un déséquilibre manifeste dans l'appréhension de questions de société, en reléguant par exemple la question des politiques monétaires ou budgétaires au rang d'accessoire. Bien trop volumineux et souvent excessivement techniques, ils ne laissent pas le temps suffisant aux apprentissages et risquent d'induire des pratiques d'évaluation faisant moins appel à l'esprit critique des élèves, à leur capacité de réflexion et d'argumentation. En l'état, ces projets de programmes se traduiraient par une dégradation de la formation intellectuelle et citoyenne des élèves. En cette période de vive inquiétude sur le devenir de la discipline, sur la capacité de notre système scolaire à continuer de susciter l'esprit critique des élèves, il lui demande quelles mesures seront mises en place par le Gouvernement pour tenir compte des observations formulées par les professionnels de la discipline.



En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse.