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Travaux et investissements dans les transports en Île-de-France

15e législature

Question orale n° 0653S de M. Fabien Gay (Seine-Saint-Denis - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 21/02/2019 - page 909

M. Fabien Gay attire l'attention de Mme la ministre, auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports sur l'état des transports en Île-de-France, et plus particulièrement sur le réseau express régional (RER) B.
Les travaux du Charles de Gaulle express, qui doit transporter moins de vingt mille passagers par jour, ont commencé, alors que la concertation est encore en cours.
À l'inverse, la situation du RER B, qui transporte près d'un million de voyageurs par jour, empire et les problèmes sur la ligne deviennent quotidiens. Les investissements pour les transports du quotidien ne sont pas mis en œuvre.
Il souhaite savoir si les travaux et les investissements nécessaires vont être mis en œuvre pour le RER B et les transports du quotidien.



Réponse du Secrétariat d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire

publiée dans le JO Sénat du 15/05/2019 - page 6332

M. Fabien Gay. Madame la secrétaire d'État, je vous parlerai ce matin de mon beau département de Seine-Saint-Denis et, plus précisément, d'un problème de discrimination territoriale : celui de l'accès aux transports pour les habitants et habitantes de Seine-Saint-Denis.

En la matière, il y a beaucoup à dire. Sur la ligne 12 du métro, la création de deux nouvelles stations est repoussée sans cesse. On nous annonce un calendrier retardé pour les lignes 15, 16 et 17, sauf pour Le Bourget. Évidemment, il faut desservir les jeux Olympiques ! Mais, après, pour désenclaver nos territoires, on verra…

Et puis, il y a surtout la question du RER B. Désormais, cette ligne atteint presque 1 million d'usagers quotidiens : le dernier comptage, effectué il y a quelques semaines, a relevé 983 000 passagers par jour. Vous le savez, et je le dis souvent, c'est une galère quotidienne qui cause des problèmes de stress, dans la vie familiale, dès lors qu'il faut aller chercher les enfants à l'école, mais aussi dans la vie professionnelle, car certains employeurs rechignent à engager des personnes habitant sur cette ligne, de crainte de faire face à des retards plusieurs fois par semaine.

Pourtant, on le sait, des solutions existent. On pourrait, par exemple, rehausser les ponts pour faire rouler des rames à deux étages, doubler le tunnel du Châtelet ou finir le bouclage entre Mitry-Mory et l'aéroport Charles-de-Gaulle afin de fluidifier le trafic.

Quand on vous propose cela, vous nous rétorquez qu'il n'y a pas d'argent. On apprend même, dans l'interview de deux responsables de la SNCF, que ce sont encore huit années de galère qui attendent les usagers du RER B. Huit ans, c'est une tranche de vie ! Vous êtes au gouvernement depuis deux ans et un certain nombre de Français en ont déjà assez, imaginez donc ce que représente une période de huit ans !

Le pompon, c'est le Charles-de-Gaulle Express, dont il fallait s'empresser d'entamer les travaux, parce que vous imaginez que vous allez privatiser Aéroports de Paris. Ce train pour les riches s'adresse à 20 000 usagers, contre 1 million d'usagers par jour pour le RER B. Vous avez commencé les travaux avant même que la concertation avec le préfet, les élus et les citoyens que vous aviez lancée soit terminée ; quand des citoyens se sont mobilisés, avec la maire de Mitry-Mory, Charlotte Blandiot-Faride, votre seule réponse a été d'envoyer les CRS pour les déloger.

Je vous le dis, madame la secrétaire d'État, ce n'est pas sérieux. Il faut immédiatement annoncer un moratoire sur les travaux du Charles-de-Gaulle Express et reprendre la concertation. À défaut, cette concertation que vous appelez, comme toujours, de vos vœux ne sera que de la poudre aux yeux.

Pendant ce temps, les habitants de la Seine-Saint-Denis galèrent et cela suffit ! (M. Olivier Jacquin applaudit.)

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire. Monsieur le sénateur Fabien Gay, je partage votre appréciation sur ce beau département de la Seine-Saint-Denis, que je connais pour y avoir travaillé durant quatre ans.

Votre question s'adresse à Mme Borne, qui, ne pouvant être présente, m'a chargée de vous répondre.

Le projet du Charles-de-Gaulle Express est indispensable pour améliorer le lien entre le centre de Paris et son principal aéroport. Cette liaison est vitale pour l'économie et pour l'attractivité de notre pays et de sa capitale, qui reste la première destination touristique d'Europe. Vous le savez, les accès par les autoroutes A1 et A3 et le RER B sont saturés et ne pourront suffire à la croissance de cet aéroport.

Aussi, si les préoccupations concernant le transport du quotidien sont légitimes et sont même en tête du projet du ministère des transports, elles ne remettent pas en cause l'opportunité de ce projet du Charles-de-Gaulle Express. C'est la raison pour laquelle Mme Borne a signé le contrat de concession le 11 février dernier avec SNCF Réseau, Aéroports de Paris et la Caisse des dépôts et consignations, lançant les travaux du Charles-de-Gaulle Express.

Je souligne, par ailleurs, que ce chantier se fait bien en coordination avec les autres projets en cours pour les transports du quotidien en Île-de-France, et en aucun cas à leur détriment. Dans le cadre de cette réalisation, 530 millions d'euros d'investissement vont ainsi bénéficier aux transports du quotidien, dont 190 millions d'euros pour le RER B.

Le RER B, vous l'avez dit, est une ligne essentielle au transport du quotidien des Franciliens. Il transporte 860 000 voyageurs par jour et a besoin d'investissements, auxquels l'État prend pleinement sa part. Le RER B bénéficie de l'enveloppe de 1,3 milliard d'euros prévue dans le contrat de plan État-région pour l'ensemble des schémas directeurs des RER : plus de 300 millions d'euros lui ont déjà été attribués entre 2015 et 2018. D'importants travaux vont, par ailleurs, se poursuivre en 2019, portant notamment sur la régénération des caténaires et l'optimisation du découplage électrique de la partie nord de la ligne B.

De plus, d'ici à 2025, deux évolutions majeures vont intervenir sur le RER B. La première, c'est l'arrivée d'un nouveau matériel roulant plus fiable, plus capacitaire et plus confortable. La seconde, c'est la mise en place d'un nouveau système d'exploitation innovant offrant une meilleure régularité pour les trains et une robustesse renforcée face aux aléas d'exploitation. L'État, ses établissements publics et la région Île-de-France donnent ainsi une priorité importante aux transports du quotidien.

M. Fabien Gay. Je vous suggère de prendre ce RER !

Mme Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État. Ça m'arrive !