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Simulateur d'accouchement

15e législature

Question écrite n° 08887 de Mme Laurence Cohen (Val-de-Marne - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 14/02/2019 - page 787

Mme Laurence Cohen attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur un nouveau simulateur d'accouchement « SIM37 » testé à la clinique de l'Estrée à Stains. Ce test vise à évaluer les risques d'un accouchement par voie basse et à inciter les femmes à recourir plutôt à une césarienne. Prescrit dès le huitième mois de grossesse, ce simulateur reproduit numériquement le passage de l'enfant lors de l'accouchement.

Dans la clinique de la Muette dans le 16ème arrondissement de Paris, où pratique l'inventeur du test, le taux d'accouchements par césarienne s'élève à 43,5 % c'est-à-dire plus du double de la moyenne nationale qui est d'environ 20,2 %. Il est bon de rappeler les conséquences des césariennes sur les mères – infections, difficultés à avoir d'autres enfants, risques d'adhérences, etc.

Des chercheurs en obstétrique considèrent le SIM37 comme une « pratique complètement infondée, non reconnue, animée par l'appât du gain ». Le collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) ainsi que l'institut de recherche et d'actions pour la santé des femmes (IRASF) ont dénoncé cette pratique.

L'absence de données scientifiques voire l'usage de données erronées et incomplètes ne peut qu'alerter celles et ceux qui luttent contre les violences obstétricales et gynécologiques.

De plus, le coût exagéré de ce test, 900 euros, laisse supposer qu'il s'agit d'une pratique à but commercial, utilisée pour un enrichissement personnel aux dépens des femmes enceintes en jouant sur leurs angoisses face à l'accouchement.

Elle en appelle à la plus grande vigilance face à ce dispositif qui, sous couvert d'une meilleure information des femmes enceintes, est utilisé pour influencer leur choix quant à leur accouchement avec des conséquences lourdes de dangers.

Elle lui demande quelles dispositions elle compte mettre en place pour dénoncer et combattre l'utilisation du « SIM37 »



En attente de réponse du Ministère des solidarités et de la santé.