Allez au contenu, Allez à la navigation

Augmentation des actes antisémites

15e législature

Question écrite n° 09011 de M. François Bonhomme (Tarn-et-Garonne - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 21/02/2019 - page 929

M. François Bonhomme interroge M. le ministre de l'intérieur sur l'augmentation des actes antisémites en France en 2018.

L'année 2018 a en effet donné lieu à 541 actes antisémites en France, contre 311 en 2017, soit une hausse de 74 %.

Il s'inquiète de cette situation et attire son attention sur les nombreux tags antisémites qui ont été constatés à l'issue du week-end du 9 et 10 février.

Il lui demande de bien vouloir lui préciser les mesures envisagées par le Gouvernement afin de faire face à cette montée de manifestations antisémites en France.

Transmise au Secrétariat d'État auprès du Premier ministre, chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations



Réponse du Secrétariat d'État auprès du Premier ministre, chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

publiée dans le JO Sénat du 27/06/2019 - page 3393

Après deux années de baisse en 2016 et 2017, le nombre de faits à caractère antisémite a fortement augmenté en 2018 (+ 74 %). S'agissant des faits à caractère raciste et xénophobe, une baisse de 4,2 % a été constatée. Chacun de ces actes est une atteinte aux valeurs de la République et un coup grave porté aux libertés de toutes les Françaises et tous les Français. Le Gouvernement a lancé en mars 2018 le plan national 2018-2020 de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Dans ce cadre, le ministère de l'Intérieur œuvre en plusieurs directions. Il s'agit d'abord de renforcer la détection et la poursuite des actes de haine : à ce titre un réseau d'enquêteurs spécialisés et spécifiquement formés a été expérimenté à Marseille. Il a vocation à être généralisé au plan national. Un effort de formation sans précédent des élèves des écoles de police et de gendarmerie a également été engagé sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Un référent racisme et antisémitisme a été nommé dans chaque groupement et chaque direction départementale de la sécurité publique.  S'agissant de l'éducation et de la prévention, a été notamment créée une équipe nationale « racisme antisémitisme », sur le modèle de l'équipe nationale « laïcité et faits religieux ». Cette équipe est co-pilotée par la DILCRAH et le secrétariat général du ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse, et est en charge de la mise en œuvre des principes, de la veille et de l'appui aux différents acteurs en académies. Les équipes académiques « laïcité et faits religieux » ont vu ainsi leurs compétences étendues aux questions de racisme et d'antisémitisme, et sont à ce titre chargées de former les personnels, de leur apporter un soutien concret et de répondre aux incidents. Opérationnel depuis le début de l'année 2019, les premiers résultats de ce dispositif sont encourageants. Internet est aussi un territoire d'action prioritaire, investi au travers de la plateforme PHAROS dont les effectifs de la cellule « discours de haine et de discrimination » ont été doublés. La proposition de loi contre la haine en ligne déposée par la députée Laetitia Avia, que le Sénat pourra examiner prochainement, permettra par ailleurs de renforcer l'efficacité de la modération sur les réseaux sociaux. Le Gouvernement agit pour faire cesser les discours de haine et lutter contre toutes les atteintes racistes, xénophobes ou visant un culte.