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Prescriptions de psychostimulants aux enfants dits « hyperactifs »

15e législature

Question écrite n° 09079 de M. Arnaud Bazin (Val-d'Oise - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 21/02/2019 - page 939

M. Arnaud Bazin attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur l'augmentation inquiétante des prescriptions de psychostimulants aux enfants dits « hyperactifs » en France. Selon la caisse primaire d'assurance-maladie, le nombre de boîtes de psychostimulants remboursées par la sécurité sociale est passé de 503 956 en 2012 à 813 413 en 2017. Cette augmentation est inquiétante puisque de nombreuses études montrent que ces molécules présentent des risques pour la santé des malades, notamment les médicaments à base de méthylphénidate. La revue médicale « Prescrire » indique par exemple dans une synthèse de plusieurs essais cliniques que ces médicaments sont faiblement efficaces. Elle précise également que le méthylphénidate est une substance connue pour exposer les patients à des effets indésirables graves cardiovasculaires et neuropsychiques. Une étude de l'université de Copenhague publiée dans la revue médicale « Scandinavian Journal of Child and Adolescent Psychiatry and Psychology » montre également que cette molécule peut provoquer des hallucinations et d'autres symptômes psychotiques. Par conséquent, il lui demande ce que compte faire le Gouvernement face à ces risques sanitaires.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 20/06/2019 - page 3244

Le méthylphénidate est indiqué chez l'enfant dans le traitement des troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Ce traitement s'accompagne d'effets indésirables cardiaques, neuro-psychologiques et cardiovasculaires lors d'un usage à long terme pour une efficacité jugée parfois modeste sur les symptômes de l'hyperactivité, de la qualité de vie et du comportement scolaire. Le rapport « Méthylphénidate : données d'utilisation et de sécurité d'emploi en France », publié en 2017 par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), mentionne en pages 10 et 11 que l'utilisation du méthylphénidate en France restait faible au regard de la prévalence de la maladie et bien inférieure à celle observée dans d'autres pays européens dont le Royaume-Uni, La Norvège, la Suède et le Danemark. La consommation de méthylphénidate est très encadrée en France. Elle est néanmoins en croissance. Dans ces conditions et consciente des inquiétudes qui persistent sur la santé des enfants traités à long terme et du recours croissant à ce traitement, la ministre des solidarités et de la santé sollicite l'ANSM pour disposer d'un état des lieux actualisé et des actions mises en œuvre.