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Marée noire du « Grande America »

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0715G de M. Arnaud de Belenet (Seine-et-Marne - LaREM)

publiée dans le JO Sénat du 22/03/2019 - page 3395

M. Arnaud de Belenet. J'aurais aimé poser une question au Premier ministre (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains et du groupe socialiste et républicain.) pour le plaisir d'entendre pour la troisième fois son nom scandé sur les travées socialistes.


M. Rachid Temal. Il faut dire pourquoi il est absent !


M. Arnaud de Belenet. Néanmoins, ma question s'adresse à Mme Emmanuelle Wargon.

La jeunesse a manifesté pour le climat, donnant aux générations qui la précèdent, à la nôtre en particulier, une leçon de sagesse et de clairvoyance. Au même moment, un incendie se déclarait sur le Grande America, un cargo battant pavillon italien avec à son bord des milliers de tonnes de fioul de propulsion et des conteneurs de matières dangereuses.

L'Europe nous accompagne, notamment avec des bâtiments de sa flotte pour intervenir de manière curative sur la pollution. En lien avec Françoise Cartron, ma question porte, bien sûr, sur les mesures prises en réaction à la pollution pour protéger nos côtes et nos eaux.

Certes – c'est l'occasion de le saluer –, depuis la catastrophe de l'Erika, l'Union européenne a accru la sécurité maritime par des mesures et des règles de prévention. L'adoption des paquets Erika 1, 2 et 3 et l'Agence européenne sont des outils efficaces. Ainsi, le Grande America avait fait l'objet d'un contrôle en 2010, qui avait relevé trente-cinq déficiences techniques, dont quatorze en relation avec la sécurité incendie. En octobre dernier, à Hambourg, les contrôles n'ont plus révélé que trois défauts de règlement, dont un concernant la « rétention du fioul à bord ».

Les principaux risques liés au transport maritime sont endigués grâce à l'Europe, qui nous a protégés. Néanmoins, une partie du chemin reste à faire.

Madame la secrétaire d'État, le Grande America montre que, dans ce domaine aussi, nous avons besoin d'Europe, nous avons besoin de régulation. Comment la France entend-elle plaider auprès de ses partenaires pour un renforcement de la réglementation relative au transport maritime de marchandises ? (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)



Réponse du Secrétariat d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire

publiée dans le JO Sénat du 22/03/2019 - page 3395

Mme Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire. Monsieur le sénateur Arnaud de Belenet, vous l'avez dit, le naufrage du Grande America est une catastrophe environnementale à laquelle le ministère de la transition écologique et solidaire a réagi immédiatement. Il s'agit d'un navire italien en provenance de Hambourg et à destination de Casablanca qui a coulé à 320 kilomètres des côtes et est actuellement à 4 500 mètres de profondeur.

Le ministre d'État, François de Rugy, s'est rendu sur les lieux dès jeudi dernier pour assurer, heure par heure, le suivi de l'incident, pour mettre en place les opérations de secours, pour saluer le sauvetage des vingt-sept personnes qui se trouvaient à bord et pour renforcer la lutte contre l'incendie ainsi que la sécurisation de la zone.

Vous l'avez rappelé, une directive européenne organise les contrôles et, en vingt-deux ans d'exploitation sous pavillon italien, ce navire en a subi 35 dans différents ports européens, dont un à Dunkerque en 2010. À chaque fois, une autorisation de naviguer a été accordée. Le dernier contrôle date du 26 octobre 2018 à Hambourg ; en France, nous effectuons 1 600 contrôles de ce type. Si l'enquête démontrait une erreur manifeste, il faudrait bien entendu sévir.

Nous en sommes maintenant à contenir au maximum cette catastrophe, avec actuellement huit navires sur zone. La mobilisation est internationale : deux des navires ont été affrétés sous l'égide de l'Agence européenne de sécurité maritime, un bateau espagnol est également présent, grâce à la coopération bilatérale, et des moyens ont été mobilisés par l'armateur. Nous suivons également la pollution avec un système satellitaire communautaire appelé CleanSeaNet.

Une mise en demeure a été adressée à l'armateur pour qu'il mette fin aux pollutions par hydrocarbures et à la pollution par les conteneurs, et nous avons lancé une enquête administrative, judiciaire et technique pour faire la lumière sur les circonstances de l'accident et en appeler à sa responsabilité. En fonction de ses résultats, nous ferons les propositions nécessaires au niveau européen pour améliorer toujours plus la sécurité et les réglementations. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)