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Offre de soins dans les hôpitaux publics de la Mayenne

15e législature

Question orale n° 0731S de M. Guillaume Chevrollier (Mayenne - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 04/04/2019 - page 1745

M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la situation budgétaire de l'offre de soins des hôpitaux publics de la Mayenne, et les enjeux de démographie médicale de ce département. Un investissement fort et une mobilisation de l'État sont attendus pour dynamiser l'attractivité des centres hospitaliers de Laval, Mayenne et Château-Gontier.



Réponse du Secrétariat d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 05/06/2019 - page 7779

M. Guillaume Chevrollier. Madame la secrétaire d'État, l'attractivité des hôpitaux publics et l'accès aux soins sont des problématiques qui touchent de nombreux territoires ruraux, et mon département, la Mayenne, n'y échappe pas, malgré la présence de trois centres hospitaliers à Laval, Mayenne et Château-Gontier.

J'aimerais évoquer avec vous la situation du centre hospitalier de Laval, qui attend un investissement fort et une mobilisation de l'État pour redynamiser son attractivité, la qualité de ses services et lui redonner une image positive.

La situation financière de l'hôpital de Laval est dans le rouge. En 2019, l'agence régionale de santé, l'ARS, n'a pas investi un euro et n'a financé aucun nouveau projet. C'est la limite du plan de retour à l'équilibre. Le matériel vieillit, les infrastructures également. Il n'y a jamais eu, en réalité, de véritable plan d'investissement dans les locaux, alors qu'il existe un projet médical d'établissement solide.

Se posent aussi bien sûr des problèmes d'effectifs médicaux, avec des suppressions et des non-remplacements de postes. L'hôpital manque aussi de médecins spécialistes. Par exemple, le service de pneumologie, qui est pourtant une spécialité du quotidien, n'est pas en mesure de prendre en charge les patients mayennais, qui sont alors transférés dans les hôpitaux d'Angers ou de Rennes.

Le service des urgences est, quant à lui, sous-dimensionné et en mauvais état pour les patients et le personnel, dont les conditions de travail se dégradent.

On retrouve ce diagnostic dans de nombreux hôpitaux périphériques. Pourtant, je suis convaincu que ceux-ci peuvent devenir de véritables pôles d'attractivité. L'enjeu est de garantir la permanence des soins et d'assurer un environnement médical de qualité.

Des choix budgétaires et des investissements plus stratégiques, une réorganisation de la gestion des moyens, une meilleure gestion hospitalière, tel est l'avenir que j'espère pour l'hôpital de Laval.

Madame la secrétaire d'État, que faites-vous pour renforcer l'hôpital de Laval et en faire vraiment le pôle central et fort du groupement hospitalier de territoire mayennais ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur, le département de la Mayenne, bien qu'exposé à des enjeux prégnants parfois difficiles en matière d'accès aux soins et de démographie médicale, se mobilise de façon remarquable, permettez-moi de le souligner, grâce à l'implication dynamique des élus, des collectivités locales, des professionnels de santé, des représentants des usagers et des services de l'État.

Il n'y a pas de territoire oublié : le ministère de la santé et l'ARS se mobilisent pour soutenir les projets, qui sont très nombreux et innovants dans ce territoire, et être à l'écoute des difficultés. C'est dans le cadre de cette dynamique partenariale, au plus près des besoins, que les réponses sont les plus adaptées. Coopération, aménagement du territoire, approche graduée et pluriprofessionnelle, innovation sont des marqueurs essentiels du département en matière d'accès aux soins.

Le groupement hospitalier de territoire du département de la Mayenne, le GHT 53, s'organise autour de trois établissements hospitaliers et quatre établissements de proximité ou assimilés, permettant ainsi un maillage territorial resserré.

En parallèle, une dynamique forte a été engagée avec les professionnels de santé pour assurer une organisation coordonnée de leurs interventions et le déploiement de parcours de santé.

L'ARS, en particulier, dans le développement de son projet régional de santé, est particulièrement impliquée dans l'accompagnement des trois centres hospitaliers – le centre hospitalier de Laval support du GHT, le centre hospitalier de Château-Gontier et le centre hospitalier du Nord-Mayenne – sous divers angles : soutenabilité financière pour accompagner les établissements dans leurs évolutions d'activité ; adaptation des organisations et coopérations pour répondre aux nouveaux enjeux du territoire ; accompagnement dans l'adaptation à de nouvelles démarches de soins au regard des évolutions technologiques et des difficultés rencontrées par le territoire, avec, notamment, le déploiement de la télémédecine.

Enfin, l'ARS est fortement mobilisée pour accompagner les acteurs dans la stabilisation de l'organisation, afin d'offrir une réponse adaptée en termes de soins d'urgence dans un contexte de tensions médicales très fortes sur le territoire, rendant complexe et sensible la permanence médicale dans la plupart des disciplines telles que la médecine d'urgence et l'anesthésie.

Des réunions régulières sous l'égide du GHT 53, aidé par les centres hospitaliers de la région, mais aussi celui de Rennes, avec l'appui de l'ARS, sont régulièrement organisées en vue de poursuivre l'offre de soins existante, sans fermer la porte à de nécessaires évolutions en tant que de besoin et en liaison étroite avec chacun des élus de ce territoire.

Nous sommes attachés à développer les aides à l'installation ainsi qu'au maintien des professionnels de santé, à la facilitation à l'exercice coordonné et au soutien des expériences tirées du parcours de santé des personnes âgées en risque de perte d'autonomie, le Paerpa, et des plateformes territoriales d'appui, les PTA, en diversifiant et en qualifiant les lieux et maîtres de stage pour les étudiants en santé. Nous soutenons toute forme d'innovation, notamment avec le déploiement réussi de la télémédecine. D'ailleurs, le projet de loi relatif à l'organisation et à la transformation du système de santé proposé par Agnès Buzyn, que vous examinez cette semaine, avec le plan Ma Santé 2022, répondra aussi aux enjeux des territoires et aux préoccupations des élus et des habitants.

Mme la présidente. La parole est à M. Guillaume Chevrollier, pour la réplique.

M. Guillaume Chevrollier. Je vous remercie, madame la secrétaire d'État, de votre réponse. Je compte sur le Gouvernement pour faire en sorte que l'hôpital de Laval soit vraiment le point fort du GHT mayennais et pour qu'il contribue à travailler à l'attractivité de notre territoire, qui ne manque pas d'atouts, notamment sur le plan de la santé.

Je vous fais une proposition. Puisque vous parlez du projet de loi Santé, avec le développement du numérique et de la télémédecine, pourquoi ne pas faire du centre hospitalier de Laval un pôle d'excellence dans ce domaine, en liaison avec le Laval Virtual Center, un autre pôle d'excellence mayennais, spécialisé sur toutes les technologies de pointe relatives au numérique ? Cette approche permettrait de donner une autre identité à l'hôpital de Laval et lui conférerait…

Mme la présidente. Vous avez très largement dépassé votre temps de parole, mon cher collègue !

M. Guillaume Chevrollier. … une attractivité de nature à consolider la santé dans la Mayenne.