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Enquêtes concernant les jeunes et le virus de l'immunodéficience humaine

15e législature

Question écrite n° 09857 de M. Arnaud Bazin (Val-d'Oise - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 04/04/2019 - page 1770

M. Arnaud Bazin attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur les dernières enquêtes concernant les jeunes et le virus de l'immunodéficience humaine (VIH).

Si 21 % des jeunes interrogés déclarent ne pas avoir peur du virus, 20 % des collégiens déclarent n'avoir jamais reçu d'enseignement spécifique sur la maladie.

Ce manque d'information tout à fait déconcertant est corroboré par les chiffres suivants : près du quart des jeunes de 15 à 24 ans (23 %) s'estiment mal informés sur le syndrome d'immunodéficience acquise (Sida), selon les chiffres du baromètre Ifop pour Sidaction, ce qui équivaut à douze points de plus qu'il y a dix ans.

L'étude pointe en outre une relative méconnaissance de la maladie et de ses modes de transmission : 28 % des sondés pensent que le VIH peut se transmettre en ayant des rapports sexuels protégés. En parallèle, un collégien sur cinq déclare n'avoir jamais reçu d'enseignement spécifique sur le Sida, et 73 % des jeunes estiment être insuffisamment informés par l'éducation nationale.

Il lui demande donc quelles mesures visant à renforcer l'information dans le cadre des enseignements scolaires il entend préconiser.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse

publiée dans le JO Sénat du 11/07/2019 - page 3716

L'étude réalisée par l'Institut français d'opinion publique (Ifop) et Bilendi pour Sidaction a été menée auprès d'un échantillon de 1 002 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 à 24 ans, selon la méthode des quotas. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne. Si l'enquête révèle que 23 % des jeunes interrogés s'estiment mal informés sur le VIH-sida, 79 % se souviennent avoir bénéficié d'un enseignement ou d'un moment d'information spécifique sur le VIH-sida. Conformément aux missions fixées à l'école par la loi, le ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse fait de l'éducation à la sexualité et à la santé sexuelle l'une des priorités de la promotion de la santé en milieu scolaire. En effet, l'article L. 541-1 du code de l'éducation indique que « les actions de promotion de la santé des élèves font partie des missions de l'éducation nationale. (…) Ces actions favorisent notamment leur réussite scolaire et la réduction des inégalités en matière de santé ». La mise en œuvre de cette éducation s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de santé sexuelle (2017-2030) et a fait l'objet des mesures prioritaires énoncées lors du comité interministériel pour la santé (CIS) en 2018. Les séances dédiées à la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), notamment du VIH-sida, consistent à informer les adolescents sur les risques qu'ils encourent et sur les moyens de se protéger. Elles peuvent avoir lieu lors des enseignements de sciences de la vie et de la Terre (SVT), des séances annuelles d'éducation à la sexualité et lors des actions éducatives qui permettent une approche transversale de la prévention du VIH-sida. Ces séances doivent s'inscrire dans une logique de continuum éducatif et leur mise en œuvre concerne l'ensemble des personnels éducatifs et pédagogiques qui côtoient les élèves au quotidien. À l'école primaire, les temps consacrés à l'éducation à la sexualité et à la prévention des conduites à risque incombent au professeur des écoles. Ces temps doivent être identifiés comme tels dans l'organisation de la classe et être intégrés aux enseignements. Ils sont adaptés aux opportunités fournies par la vie de la classe ou de l'école. Au collège et au lycée, au moins trois séances annuelles d'éducation à la sexualité sont mises en place. Elles relient et complètent les différents enseignements dispensés en cours. Afin de renforcer le niveau d'information et la prévention des conduites à risque en matière de santé sexuelle, des actions éducatives et des projets pédagogiques sont également proposés dans les établissements. D'une part, le dispositif du « Pass préservatif », dont l'objectif est de faciliter l'accès pour les jeunes de moins de 25 ans au préservatif, fait actuellement l'objet d'un groupe de travail en partenariat avec le ministère des solidarités et de la santé, de la Caisse nationale d'assurance maladie, de Santé publique France et des agences régionales de santé des trois régions pilotes (Guyane, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine). D'autre part, l'enquête sur le déploiement des comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC), menée en juin 2018 dans les académies, les départements et les établissements, illustre le dynamisme des partenariats établis avec les associations telles que « Solidarité Sida » et « Sidaction ». Ainsi, la Journée mondiale de lutte contre le sida est l'occasion de déployer des campagnes d'informations spécifiques sur le sujet en établissement. Enfin, des établissements participent au concours « VIH Pocket Film » organisé par « Sidaction » à destination des 15-25 ans. Les films récompensés contribuent à un outil pédagogique diffusé auprès des jeunes comme support de sensibilisation et d'information. Des ressources (un livret d'information, un guide d'intervention pour les collèges et lycées, une brochure éditée par l'Agence nationale de santé publique) sont disponibles en ligne sur le portail « Eduscol » pour accompagner la communauté éducative dans cette démarche d'information et de prévention. http://eduscol.education.fr/cid45613/prevention-du-sida-et-des-infections-sexuellement-transmissibles-ist.html#lien4