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Pénurie de gynécologues médicaux

15e législature

Question écrite n° 09911 de Mme Annick Billon (Vendée - UC)

publiée dans le JO Sénat du 11/04/2019 - page 1906

Mme Annick Billon alerte Mme la ministre des solidarités et de la santé sur le manque croissant de gynécologues médicaux. En effet, si de 2018 à 2019, 82 postes d'internes ont été ouverts en gynécologie médicale, au 1er janvier 2019 les gynécologues en exercice étaient moins de 1 000. En France 30 millions de femmes sont en âge de consulter un gynécologue. La densité moyenne pour toute la France est ainsi tombée en 2019 à trois gynécologues médicaux pour 100 000 femmes. Or, 62,7 % d'entre eux ont plus de 60 ans et approchent l'âge de la retraite. Sur le territoire, sept départements sont dépourvus de gynécologues médicaux, et certains praticiens sont seuls à exercer dans quinze départements. Alors qu'en 1997, 60 % des femmes consultaient régulièrement et spontanément leur gynécologue médical, en 2012, elles n'étaient plus que 25 % à pouvoir consulter faute d'effectifs nécessaires.
Cette pénurie engendre de lourdes conséquences pour les femmes : rupture de suivi affectant la prévention, diagnostics retardés ou absents, impossibilité croissante de bénéficier d'un suivi après cancer ou d'accéder la consultation gynécologique médicale pour les jeunes filles, recrudescence des infections sexuellement transmissibles (IST) ou encore interruptions volontaires de grossesse (IVG) répétées. Or, un transfert de tâches aux médecins généralistes ou aux sages-femmes est impensable considérant la surcharge de travail dont eux-mêmes souffrent. Les gynécologues médicaux sont des praticiens essentiels dans la mesure où ils sont spécialement formés pour effectuer un suivi dans la durée, prodiguent une écoute personnalisée, permettent soins, prévention et diagnostic précoce. Il est donc urgent de rendre à nouveau accessible la gynécologie médicale.
Elle lui demande donc si le Gouvernement prévoit d'ouvrir de nouveaux postes d'internes pour la formation de nouveaux gynécologues médicaux.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 27/06/2019 - page 3404

Le nombre de postes offerts en gynécologie médicale à l'issue des épreuves classantes nationales (ECN) a quasiment triplé depuis 2012 (contre + 14 % toutes spécialités confondues). Au titre de la seule année 2018, ce sont dix-huit postes de plus qui ont été proposés pour atteindre 82 postes offerts contre 64 en 2017 (+ 28 %). Ce volume a été déterminé en lien avec l'Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS), qui a émis ses propositions du nombre d'internes à former sur la base de concertations locales menées par ses comités régionaux, afin de prendre en compte les besoins locaux tout en préservant la qualité de la formation. Par ailleurs, le Gouvernement se mobilise pour améliorer l'accessibilité aux soins et l'installation des professionnels dans les zones rurales, notamment au travers du dispositif du contrat d'engagement de service public (CESP), bourse versée aux étudiants en médecine en contrepartie d'une installation dans un territoire manquant de professionnels. Ce dispositif peut bénéficier notamment aux étudiants et internes en médecine souhaitant s'orienter vers l'exercice de la gynécologie médicale. Enfin, l'ONDPS a lancé début février 2019 un groupe de travail portant sur la prise en charge de la santé des femmes. En effet, pleinement consciente des problématiques liées à cette thématique, la ministre des solidarités et de la santé a missionné l'ONDPS pour effectuer une étude spécifique sur cette question et notamment sur l'articulation entre différents professionnels de santé, notamment les gynécologues médicaux.