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Situation du lycée Paul Langevin de Suresnes

15e législature

Question écrite n° 10114 de M. Xavier Iacovelli (Hauts-de-Seine - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 18/04/2019 - page 2049

M. Xavier Iacovelli attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur la situation matérielle du lycée Paul Langevin de Suresnes et les difficultés rencontrées par les élèves, parents d'élèves et enseignants de ce lycée public. Cela fait maintenant plusieurs années qu'il est alerté par les représentants des parents d'élèves qui font part, quotidiennement, de leurs inquiétudes face à ce sujet.

Sanitaires impraticables, murs abîmés, mobiliers intérieurs cassés, la vétusté des infrastructures du lycée Paul Langevin est inadmissible et inadaptée à la transmission normale de tout enseignement.

L'état désastreux des bâtiments rend impossible la mise en place des mesures de sécurité telles que l'installation d'alertes anti-intrusion, mettant en danger enfants et enseignants.

De plus, ces conditions matérielles invivables menacent la mixité sociale. En effet, les problèmes rencontrés dans ce lycée entraînent les familles les plus favorisées à adopter des stratégies d'évitement sapant la mixité sociale qui faisait la richesse de l'établissement.

Aussi, l'absence d'une répartition équilibrée des filières professionnelles et technologiques sur l'ensemble des établissements du centre des Hauts-de-Seine entraîne inexorablement une fuite des élèves suresnois, en filière générale, vers les lycées privés.

Quand il y a respectivement 15 % et 20 % de classes en filières technologique dans les lycées de Saint-Cloud et de Rueil-Malmaison, Suresnes en compte près de 50 %. Lorsque la mixité n'est pas respectée, c'est l'application d'une réelle égalité des chances qui est menacée.

Il lui demande de mettre un terme à ce dysfonctionnement qui dure et sacrifie la qualité d'apprentissage de classes d'âge entières.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse

publiée dans le JO Sénat du 30/05/2019 - page 2870

Concernant la situation matérielle de l'établissement et l'état de ses infrastructures évoqués dans la question, le lien sera fait avec la Région Île-de-France qui va en coordination analyser et évaluer la situation. Concernant l'équilibre des filières au lycée Paul Langevin, comme déjà évoqué lors de plusieurs échanges avec la rectrice de l'académie de Versailles, l'IA DASEN 92 et nos services, Suresnes compte trois collèges publics et deux lycées : un Lycée d'enseignement général et technologique, Paul Langevin et un Lycée Professionnel, Louis Blériot, lycée des métiers de l'énergie. Environ 320 élèves de 3ème sont scolarisés dans les 3 collèges de la ville. À l'issue de leur collège, ils choisissent majoritairement de poursuivre en 2nde GT (76 % contre 73 % au niveau académique) puis en 2nde pro (16 % contre 25 %) et en CAP (7 % contre 3 %). La majorité des 76 % de collégiens choisissant une 2nde GT sont scolarisés à Paul Langevin qui accueille majoritairement des élèves de Suresnes mais aussi 15 % de nantérriens pour les plus représentés. Les taux constatés après la 2nde montrent une orientation plus importante vers la voie générale que ce qui est constaté au niveau académie :


PLangevin

Académie

1ERE S

35 %

34 %

1ERE L

11 %

9 %

1ERE ES

29 %

24 %

76 %

67 %
En première, le lycée dispose de 367 places soit près de 100 de plus que les 2ndes,  notamment parce que le lycée accueille pour le secteur des classes technologiques de STMG (sciences et techniques du management et de la gestion) et de STL (sciences et techniques de laboratoire). En effet, s'agissant de la carte des formations technologiques, au-delà de la situation particulière du lycée Paul Langevin de Suresnes, la carte des enseignements technologiques relève d'une logique académique et non locale. Tous les établissements ne disposent pas d'enseignements technologiques, d'abord parce que cela nécessite des aménagements de locaux et de plateaux techniques spécifiques financés par la région. Lorsque cela est possible, une coloration est donnée aux lycées avec un lycée qui accueillera STMG alors qu'un autre pourra accueillir STI2D. Ainsi dans les Hauts de Seine, seuls 20 lycées publics sur 54 disposent de la formation STMG. Par ailleurs, lorsqu'une filière technologique est implantée, l'académie essaie d'y proposer une offre de spécialités la plus large au sein de la filière. Ainsi il est plus pertinent pour les lycées proposant STMG de prévoir une organisation qui permette aux élèves d'y suivre aussi bien Gestion/Finances, Ressources humaines, système informatique de gestion que Mercatique. Enfin les besoins du département et du bassin sont observés au moment de calibrer les structures d'accueil. En fonction des capacités (les Hauts-de-Seine se caractérisent par une saturation importante de ses lycées) et des besoins la carte est ajustée. Aujourd'hui la carte est arrêtée et votée pour la rentrée 2019. Les mutations éventuelles de personnels sont en cours et revenir en arrière n'est pas possible. Pour autant, il conviendra de réinterroger la situation particulière de cet établissement pour trouver un équilibre.