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Militaires tués

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0784G de M. Christian Cambon (Val-de-Marne - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 17/05/2019 - page 6533

M. Christian Cambon. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

Mardi, aux Invalides, autour du Président de la République, la France bouleversée a rendu un hommage solennel à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, ces héros du commando Hubert, qui, avec leurs camarades, ont sauvé des otages, touristes inconscients du danger qu'ils couraient dans cette région du Nord-Bénin. Ces soldats ont accompli un exploit. Ils l'ont payé de leur vie, mais ils ont montré ainsi que la France n'abandonne jamais ses enfants. Nous ne les oublierons pas, et nous pensons à cet instant à leurs familles, à leurs camarades de combat et à ces milliers de soldats qui, pour notre compte, combattent au Sahel pour assurer la sécurité de l'Europe tout entière.

Laissons de côté les polémiques sur les conditions d'accueil de ces touristes à l'aéroport de Villacoublay ou sur la couleur de la carte du Quai d'Orsay. Chacun a son idée sur ces sujets, et notre hémicycle n'est pas le lieu des polémiques. En revanche, notre hémicycle est le lieu où nous votons les prolongations de mission de ces soldats et les crédits d'équipements nécessaires à l'accomplissement de leur métier dangereux. Nous partageons donc aussi la responsabilité de ce qui leur arrive ; nous devons être économes de leurs vies et de leur souffrance !

Dès lors, monsieur le ministre, ma question est simple : puisque des touristes irresponsables continueront sûrement à chercher l'aventure dans ces contrées dangereuses, n'est-il pas temps d'exiger de ces pays à risque une politique plus sévère d'octroi des visas touristiques pour ces zones infestées par le terrorisme ? Plus largement, pouvez-vous nous assurer que tout va être fait pour que nos soldats, qui payent déjà un très lourd tribut à la lutte contre le djihadisme, n'aient pas en plus à payer de leur vie l'irresponsabilité de ces aventuriers inconscients, en mal d'émotions fortes ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, du groupe Union Centriste et du groupe Les Indépendants – République et Territoires, ainsi que sur des travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, du groupe La République En Marche et du groupe socialiste et républicain.)



Réponse du Secrétariat d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 17/05/2019 - page 6533

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur Cambon, nous nous joignons naturellement à l'hommage poignant que vous venez de rendre aux premiers-maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello.

Aux Invalides, ce fut un moment très fort de communion de toute la Nation, et même au-delà, puisque nous avons reçu de multiples témoignages de nos partenaires européens et africains. Ce faisant, nous avons adressé un message très fort à toutes celles et tous ceux qui souhaiteraient s'en prendre à nos compatriotes, qu'ils soient Français établis hors de France – ils sont plusieurs millions, notamment sur le continent africain – ou touristes.

Dans un monde où les foyers de crise et de tension se multiplient, nous devons faire preuve d'une vigilance accrue. Celles et ceux qui souhaitent se rendre à l'étranger doivent donc consulter systématiquement les conseils aux voyageurs, et je rends hommage au centre de crise et de soutien du Quai d'Orsay, qui veille à leur meilleure information possible, en lien naturellement avec les opérateurs de voyage. Nous devons également inciter nos compatriotes qui se rendent à l'étranger à s'inscrire sur la plateforme Ariane.

La situation appelle une responsabilité accrue, de nos concitoyens à titre individuel – les ex-otages ont reconnu qu'ils auraient peut-être dû suivre plus scrupuleusement un certain nombre de recommandations –, mais aussi des opérateurs, notamment des plateformes en ligne, que je réunirai dans les prochains jours.

S'agissant de la politique des visas, comme vous le savez, elle relève de la souveraineté de chaque État. Mais, sur ce sujet comme sur d'autres, nous devons, Européens et Africains, dialoguer en profondeur pour ne faire courir aucun risque supplémentaire à des femmes et des hommes qui, sous l'uniforme, ont déjà fort à faire pour traquer les djihadistes. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)