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Pénurie de cortisone

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0807G de M. Jean-François Rapin (Pas-de-Calais - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 29/05/2019 - page 7630

M. Jean-François Rapin. Maladies inflammatoires articulaires, maladies inflammatoires intestinales, maladies respiratoires aiguës et chroniques, cancérologie, dermatologie, et j'en passe : dans de très nombreux cas, les médecins doivent prescrire de la cortisone, médicament de premier recours et souvent irremplaçable.

Madame la ministre, depuis quelques semaines, nous assistons à une décroissance des stocks de cortisone, administrable par voie orale comme injectable. Nous en arrivons aujourd'hui à une véritable pénurie dans les officines, ce qui contraint les patients à se livrer à une surréaliste chasse au trésor.

Pouvez-vous nous expliquer précisément comment cette situation incroyable et inacceptable a pu se produire ? Pourquoi n'a-t-elle pas été anticipée en amont ? Pouvez-vous faire un point de situation ? (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)



Réponse du Secrétariat d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 29/05/2019 - page 7630

Mme Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur, vous nous interrogez sur les inquiétudes exprimées ces dernières semaines par des médecins et des patients rencontrant des difficultés pour s'approvisionner en corticoïdes.

Nous tenons tout d'abord à vous rassurer : l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, l'ANSM, a écarté jeudi dernier tout risque de pénurie pour les corticoïdes. Cette information est le fruit non pas d'un heureux hasard, mais d'une action volontariste des autorités sanitaires.

En effet, dès que l'ANSM a été informée, début mai, de l'existence de tensions en matière d'approvisionnement en corticoïdes, elle a immédiatement convoqué les fabricants afin qu'ils prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer l'accès des patients à ces médicaments dans les plus brefs délais. Cela s'est traduit par la mobilisation par les fabricants de stocks permettant de garantir la couverture des besoins des patients.

L'ANSM a également régulièrement échangé avec les représentants d'associations de patients et les professionnels de santé pour partager les informations à sa disposition. Nous le reconnaissons, il a parfois été difficile, et tel peut encore être le cas pour certains patients ou professionnels de santé, de se procurer facilement des corticoïdes administrables par voie orale ou injectables.

Le retour à une disponibilité normale de ces médicaments dans les pharmacies d'officine ou hospitalières est attendu d'ici à la fin du mois de juin. Entre-temps, l'ANSM maintient son dispositif de suivi renforcé. Un tableau de la disponibilité des différentes spécialités par dosage est public et consultable sur le site de l'agence. Nous faisons le choix d'une gestion transparente de ces dossiers.

Si les autorités n'ont pas tardé à réagir, il n'en demeure pas moins que la situation actuelle, en termes de rupture de médicaments, n'est pas acceptable pour les Français. Mme la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, présentera dans quelques jours un plan d'action destiné à éviter la pénurie de médicaments et à avoir une visibilité sur la gestion des stocks. (M. François Patriat applaudit.)

M. le président. La parole est à M. Jean-François Rapin, pour la réplique.

M. Jean-François Rapin. Votre réponse est celle que nous pouvons lire dans la presse, mais, sur le terrain, la situation est bien différente !

Je suis médecin. Aujourd'hui, mes prescriptions de cortisone ne sont pas honorées. Les patients ont du mal à en trouver, c'est une certitude : prenez-en acte !

Sur ce sujet, l'anticipation a été très mauvaise. Pourquoi en arrive-t-on à des ruptures de stock ? Tout simplement parce que nous gérons une médecine à bas coût, dont la pénurie est la variable d'ajustement. Remédiez très vite à cette situation. Sinon, nous rencontrerons bientôt d'énormes difficultés sanitaires ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées du groupe Union Centriste.)