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Avenir du fonds européen d'aide aux plus démunis

15e législature

Question écrite n° 10222 de M. Didier Marie (Seine-Maritime - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 02/05/2019 - page 2331

M. Didier Marie attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères au sujet de l'avenir du fonds européen d'aide aux plus démunis. Depuis 2014, l'Union européenne soutient l'aide alimentaire via le fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD). Dans un contexte où un Européen sur quatre connaît la pauvreté, et où 35 millions d'Européens vivent une situation de pauvreté matérielle sévère, cette aide alimentaire est particulièrement utile, tout en ne représentant que 0,3 % du budget de l'Union européenne. Doté d'un budget de 3,8 milliards d'euros pour l'ensemble de l'Union sur la période 2014-2020, le FEAD permet de fournir une aide alimentaire et matérielle à 16 millions de personnes en Europe, ce qui en fait le principal outil européen de lutte contre la pauvreté. En France, ce fonds dédié finance ainsi chaque année un tiers des repas distribués. L'aide alimentaire constitue un socle incontournable pour lutter contre la pauvreté et ses conséquences, en ce qu'elle permet, en plus de mettre à disposition des denrées alimentaires, que se développent autour d'elle d'autres mesures d'accompagnement qui vont de l'aide à l'accès aux droits à l'aide à la recherche d'emploi, en passant par l'accès à la culture et aux loisirs. L'aide alimentaire est donc une porte d'entrée pour identifier et lever les freins rencontrés par les personnes et les accompagner selon leurs besoins. Il s'agit en cela d'un préalable indispensable à l'inclusion sociale des personnes en difficulté, dont elle vise la réinsertion durable. Or, à partir de 2021, cette aide alimentaire sera intégrée à un nouveau fonds, le fonds social européen (FSE+), dont elle ne représentera qu'une part infime, ce qui fait craindre une diminution de moitié des fonds dévolus à l'aide alimentaire européenne à partir de 2021. Considérant l'urgence des situations de pauvreté auxquelles sont confrontées des millions de personnes, en France et en Europe, il souhaite savoir ce que le gouvernement français prévoit de faire pour que l'aide alimentaire devienne un pilier du fonds social européen, avec un budget dédié et renforcé, et qu'ainsi elle reste en mesure de répondre aux besoins immédiats de nos populations.



En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.