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Avenir du concours national de la Résistance et de la Déportation

15e législature

Question écrite n° 10317 de M. Jean-Pierre Grand (Hérault - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 09/05/2019 - page 2484

M. Jean-Pierre Grand attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur l'avenir du concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD). Institué en 1961 par Lucien Paye, alors ministre de l'éducation nationale, à la suite d'initiatives d'associations d'anciens résistants et déportés, le CNRD est un concours scolaire qui s'appuie sur l'enseignement de l'histoire, de l'histoire des mémoires, de la Résistance et de la Déportation. Chaque année, un thème est défini, pouvant faire l'objet d'un véritable travail interdisciplinaire. Ce concours s'inscrit ainsi dans une démarche d'éducation à la citoyenneté et est une composante essentielle du parcours citoyen de l'élève. Il est ouvert aux collégiens de troisième et aux lycéens en France et dans les établissements scolaires français à l'étranger. Les nouveaux programmes d'histoire du lycée ne prévoient plus l'enseignement des guerres du XXème siècle en classe de première. Or, cette année s'avère particulièrement adaptée pour permettre aux lycéens de participer activement au CNRD en mettant en œuvre des projets collectifs. En supposant que l'enseignement de la Seconde Guerre mondiale soit au programme de terminale, cela freinerait la participation des élèves déjà mobilisés par la préparation du baccalauréat. Alors que les actes antisémites commis en France ont progressé de 74 % en 2018, l'existence du CNRD doit plus que jamais être défendue afin que les élèves perpétuent ce travail de mémoire de la Résistance et de la Déportation qui est source de leçons civiques dans leur vie d'aujourd'hui. Aussi, il lui demande de bien vouloir lui indiquer les mesures qu'il entend prendre pour pérenniser ce concours et en faciliter les conditions de participation notamment au travers des programmes d'enseignement de spécialité.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse

publiée dans le JO Sénat du 12/09/2019 - page 4656

Le concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD), action éducative au carrefour de la transmission de la mémoire et de l'éducation à la citoyenneté, existe depuis près de 60 ans. Il rassemble chaque année de 35 à 45 000 candidats, issus des collèges et des lycées situés sur l'ensemble du territoire national et d'établissements français à l'étranger. À ce titre, c'est le plus important concours scolaire organisé par le ministère chargé de l'éducation nationale. Depuis sa création en 1961, le concours a su évoluer à plusieurs reprises afin, notamment, de s'adapter aux nouvelles pédagogies (travaux collectifs, travaux audiovisuels, etc.) et de s'ouvrir à un public de plus en plus diversifié (lycées de la défense, lycées professionnels, lycées agricoles, etc.). Une des spécificités de ce concours est qu'il s'appuie sur un réseau très riche d'associations d'anciens résistants et déportés ayant permis pendant des années d'innombrables interventions auprès des élèves de témoins, acteurs et victimes des évènements du second conflit mondial. Ces rencontres intergénérationnelles ont souvent été un élément déterminant dans la participation des élèves au concours. Soixante-dix ans après la fin de la guerre, les anciens résistants et déportés, de plus en plus âgés et de moins en moins nombreux, sont soucieux que le flambeau puisse continuer d'être transmis aux jeunes générations. C'est pourquoi le CNRD a fait l'objet d'une importante rénovation depuis la session 2016-2017. Depuis lors, le jury national est présidé par le ministre (seul concours scolaire dans ce cas) et les jurys académiques par les recteurs d'académie, ce qui témoigne de l'implication très forte de l'institution scolaire dans ce concours. Aujourd'hui, près d'un tiers des candidats au CNRD sont des lycéens, dont majoritairement des élèves de première. Mais les élèves de seconde et de terminale sont également nombreux à participer au concours. L'étude de la Seconde Guerre mondiale en terminale, et non plus en première, dans le cadre des nouveaux programmes d'enseignement du lycée, pourrait effectivement avoir un impact sur la participation au concours mais la mise en place du nouveau baccalauréat avec un contrôle continu renforcé et un contrôle final allégé pourrait atténuer cet effet. Par ailleurs, la création d'un enseignement de spécialité en histoire permettra à certains élèves d'approfondir les sujets liés à la Seconde Guerre mondiale en les encourageant à participer au concours. Les services du ministère assureront, en lien avec les académies, un suivi particulièrement vigilant de l'évolution de la participation des lycées au CNRD.