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Réforme du lycée et du baccalauréat

15e législature

Question écrite n° 11096 de M. Gérard Dériot (Allier - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 27/06/2019 - page 3314

M. Gérard Dériot appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur l'impact de la réforme du lycée et du nouveau baccalauréat, notamment en milieu rural.
À compter de la rentrée scolaire 2019, les élèves de seconde et de première ne devront plus se décider entre les filières traditionnelles scientifique, économique et sociale et littéraire. Outre le suivi d'enseignements communs à tous les élèves, chaque lycéen devra choisir trois spécialités en classe de première puis deux en terminale, parmi douze spécialités proposées par le ministère.
Si l'objectif poursuivi est de mettre fin à la hiérarchie implicite des filières traditionnelles et de renforcer le baccalauréat afin d'en faire un tremplin pour les études supérieures, cette réforme suscite diverses inquiétudes au sein du corps enseignants, des parents et des élèves, notamment en milieu rural.
En outre, toutes les spécialités ne seront pas proposées par l'ensemble des établissements, choix qui varieront en fonction de la taille des lycées et de leur implantation géographique. Le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a promis que les élèves auront un large choix d'un minimum de sept enseignements de spécialité qui sont les plus proches de l'offre actuellement proposée au travers des sections générales. Pourtant, même cette offre minimale de disciplines n'est pas assurée dans tous les établissements, obligeant plusieurs élèves à changer de lycées ou à suivre l'enseignement de leur choix dans un autre lycée que le leur, à plusieurs dizaines de kilomètres. Ce constat est encore plus clair s'agissant des autres spécialités « moins classiques ». Bien que chaque académie se soit efforcée de permettre un accès à ces enseignements dans un « périmètre géographique raisonnable », force est de constater que faire le choix de ces disciplines devrait engendrer des coûts et du temps supplémentaires pour les lycéens qui souhaitent suivre ces enseignements de spécialité et qu'ils sont d'ailleurs en droit d'accéder.
Finalement, les lycées de centre-ville devraient donc proposer la quasi-totalité des spécialités, tandis que ceux des petites villes, des périphéries ou ruraux auront une liste de disciplines bien plus réduite, laissant craindre une profonde inégalité territoriale. En fonction de leur lieu de résidence, les lycéens auront plus ou moins d'opportunités d'accéder aux disciplines de leur choix et qui les conduiront aux études supérieures qu'ils désirent.
Aussi, il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles mesures il envisage de prendre pour répondre aux inquiétudes quant aux choix plus restreints offerts aux lycéens en milieu rural.



En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse.