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Budget du service national universel et budget de l'éducation nationale

15e législature

Question écrite n° 11153 de Mme Laurence Cohen (Val-de-Marne - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 27/06/2019 - page 3315

Mme Laurence Cohen interroge M. le secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur le financement du service national universel (SNU) au regard du budget attribué à l'éducation nationale. Le service national universel s'adresse à tous les jeunes, garçons et filles. Il prend la forme d'un service civique d'un mois obligatoire entre 16 et 18 ans, dans la continuité du parcours citoyen, suivi d'un engagement plus long sur la base du volontariat, entre 16 et 25 ans. Même si cela semble louable et alors que le Gouvernement vient de lancer la phase dite de « préfiguration » les objectifs réels de ce SNU et sa vocation peuvent interroger.

En effet, le développement de la culture de l'engagement, le brassage social, l'aide à l'orientation ou encore la valorisation du patrimoine sont des buts que le SNU souhaite poursuivre. Mais ce sont également des objectifs que l'éducation nationale est censée atteindre.

Or, celle-ci manque cruellement de moyens financiers, à en juger par les protestations légitimes qui émanent depuis plusieurs années du corps professoral. La suppression de 1 800 emplois en 2019 ainsi que l'opposition massive des agents de l'éducation nationale à la réforme en cours devraient plutôt mener au constat suivant : l'éducation nationale n'est actuellement pas en mesure de mener à bien ses objectifs, par manque de moyens.

Pour l'éducation nationale, il n'y aurait donc « pas d'argent magique » tout comme il n'y en a pas pour les hôpitaux ou les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), alors que le coût estimé du SNU est de 1,6 milliard d'euros par an. Ceci en fait un programme coûteux pour les contribuables, équivalent aux dépenses allouées à la mission « Immigration, asile et intégration » du projet de loi de finances pour 2019.

Il semble surprenant que l'État puisse dépenser plus de 30 milliards d'euros sur vingt ans dans un programme dont les missions sont sensiblement similaires à celles de l'éducation nationale, mais ne puisse pas augmenter en conséquence le budget de celle-ci.

Aussi, elle lui demande si le Gouvernement entend attribuer chaque année au budget de l'éducation nationale un augmentation au moins égale à la somme dépensée pour le SNU.

Transmise au Secrétariat d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse



En attente de réponse du Secrétariat d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.