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Gestion des pannes à la SNCF et prise en charge des « naufragés »

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0877G de Mme Michèle Vullien (Rhône - UC)

publiée dans le JO Sénat du 05/07/2019 - page 10884

Mme Michèle Vullien. Ma question s'adresse à Mme la ministre auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports.

Voilà quelques années, la SNCF scandait haut et fort qu'elle allait nous « faire préférer le train ». Les trois cents passagers présents à bord du Paris-Clermont du 27 juin dernier ont sans doute une opinion bien différente…

Bien entendu, nous ne pouvons occulter les circonstances exceptionnelles – conditions météorologiques caniculaires et accident de personne – ayant conduit à la perturbation du trafic. Nous connaissons les problèmes d'entretien du réseau ferroviaire, résultat de décennies de sous-investissement, et nous savons les efforts financiers considérables à entreprendre. Nous sommes tous en mesure de comprendre les cas de force majeure, les aléas climatiques et les accidents.

Pourtant, c'est bien une mauvaise gestion de crise qui provoque l'incompréhension et la colère des « naufragés du rail ». C'est sur ce point que le groupe ferroviaire doit revoir ses procédures.

À chaque incident, c'est la même rengaine : les dirigeants de la SNCF sont convoqués, ils demandent un rapport, émettent des recommandations.

Pour ne citer qu'un exemple, le 23 novembre 2017, il a été répondu à une question écrite de ma collègue Françoise Gatel, à la suite des incidents de la gare de Paris-Montparnasse, de la manière suivante : « SNCF Réseau a établi un rapport qui a relevé un certain nombre de dysfonctionnements, notamment dans la gestion de la situation et des usagers, et qui comporte neuf recommandations portant en particulier sur l'amélioration de l'information et de la prise en charge des voyageurs. » Un an et demi plus tard, ce rapport ne semble pas avoir été suivi d'effets !

Pour compléter ce triste constat, un vent de panique souffle depuis ce matin autour de l'accès aux guichets dans les gares, avec des attentes parfois supérieures à une heure.

À quelques heures d'une grande vague de départs en vacances, nombre de nos concitoyens ayant fait le choix vertueux du ferroviaire, j'aimerais connaître, madame la ministre, vos arguments pour qu'ils continuent de préférer le train. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste.)



Réponse du Ministère auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports

publiée dans le JO Sénat du 05/07/2019 - page 10884

Mme Élisabeth Borne, ministre auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, madame Michèle Vullien, vous avez rappelé les circonstances climatiques exceptionnelles de la semaine dernière. En effet, certains incidents auraient pu être mieux gérés.

Je voudrais aussi dire la mobilisation totale des cheminots lors d'une canicule sans précédent, tant pour assurer le meilleur fonctionnement des trains que pour accompagner les voyageurs, notamment avec la distribution de bouteilles d'eau, comme j'ai pu le constater moi-même gare de Lyon.

Je voudrais aussi souligner leur mobilisation exceptionnelle pour gérer les conséquences des intempéries de ces derniers jours.

La fiabilité de nos trains, que ce soit pour les grands départs ou au quotidien, repose tout d'abord sur la remise à niveau de notre réseau. Vous le savez, c'est notre priorité numéro un. Nous allons investir comme jamais, à hauteur de 3,6 milliards d'euros par an pendant dix ans.

Il nous faut aussi une meilleure organisation de la SNCF. C'est ce que nous faisons avec le nouveau pacte ferroviaire. Je pense notamment aux gares, dans lesquelles les quais sont gérés par SNCF Réseau, tandis que les panneaux d'affichage dépendent de SNCF Mobilités et que les réseaux électriques sont partagés entre les deux entités. Il y aura maintenant une seule entité et un vrai chef de gare.

Enfin, je puis vous garantir que nous mettons, depuis deux ans, toute la pression sur la SNCF pour que la fiabilité, la régularité et l'information aux voyageurs soient au cœur de ses priorités. C'est bien le sens de la transformation qu'elle mène. Les premiers résultats sont là : sur les cinq premiers mois de 2019, la ponctualité a progressé de 4,6 points.

En outre, depuis les grandes pannes de la gare de Montparnasse en 2017, la SNCF a revu, à ma demande, ses plans de gestion de crise, pour ne plus revivre de telles situations.

Madame la sénatrice, les Français comptent beaucoup sur le train. Vous savez notre détermination à ce qu'ils aient un service à la hauteur de leurs attentes. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)

M. le président. La parole est à Mme Michèle Vullien, pour la réplique.

Mme Michèle Vullien. J'entends votre réponse, madame la ministre.

Toutefois, dans quelques mois, certaines liaisons ferroviaires seront ouvertes à la concurrence. Le monopole n'existera plus. Pour rester compétitive, la SNCF doit entamer sa mutation. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste.)