Allez au contenu, Allez à la navigation

Stock de vaccins dans le département du Nord

15e législature

Question écrite n° 11309 de M. Dany Wattebled (Nord - Les Indépendants)

publiée dans le JO Sénat du 04/07/2019 - page 3481

M. Dany Wattebled attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la tuberculose qui est une maladie en recrudescence dans nos régions. Stabilisé entre 2011 et 2014, le nombre de cas de tuberculose a augmenté en deux ans de 10 % en Île-de-France.
Cette forte augmentation, qui révèle une inversion de tendance, a été notamment observée chez les hommes jeunes, âgés de 15 à 25 ans, et chez les personnes nées à l'étranger, en particulier celles arrivées en France depuis moins de deux ans.
Élu de la région des Hauts-de-France, il tient à l'alerter sur la situation suivante. La ministre de la santé n'est pas sans savoir que les départements du Nord et du Pas-de-Calais sont soumis à des flux migratoires et accueillent depuis de nombreuses années, à Grande-synthe et Calais, des migrants ou réfugiés, population des plus fragiles, dont il conviendrait d'enrayer par une campagne de vaccination toute éventuelle endémie.
À cette situation s'ajoutent celles des centres de protection maternelle et infantile (PMI) et des centres de lutte antituberculeuse (CLAT). En effet, le seul département du Nord compte 400 PMI, 10 services de prévention santé et 10 CLAT, ensemble constituant un maillage de proximité et permettant d'être au plus près des populations, tout particulièrement auprès des populations à risque.
Or, aujourd'hui, tout porte à croire que le stock actuel de vaccins BCG détenu dans l'ensemble de ces centres se périme à la fin de ce mois (juin 2019) et qu'il est constamment en flux tendu.
Afin d'éviter que les cas de tuberculose se développent et de permettre que la campagne de vaccination prévue dès le mois prochain (juillet 2019) puisse se dérouler dans de bonnes conditions, il lui demande quand ces centres seront réapprovisionnés, quand les stocks seront renouvelés.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 24/10/2019 - page 5418

Dans un pays à faible incidence comme le nôtre, le vaccin BCG ne se justifie qu'auprès des populations à risques d'exposition et notamment les jeunes enfants. Le BCG prévient la survenue de la plupart des formes disséminées et méningées de tuberculose de l'enfant (dont les méningites tuberculeuses au redoutable pronostic). Concernant l'approvisionnement, la situation a été très préoccupante avec une rupture mondiale de BCG qui sévissait depuis 2015. Actuellement, la production mondiale de BCG au Danemark a repris. Sur notre territoire, le vaccin BCG, avec autorisation de mise sur le marché, est aujourd'hui disponible dans les services de protection maternelle et infantile (PMI), les centres de vaccination, les centres de lutte antituberculeuse (CLAT) et les établissements de santé. Par conséquent, ces structures peuvent à présent s'approvisionner normalement. Afin de permettre à ces centres de continuer à vacciner les enfants à risque, une prise en charge dérogatoire et transitoire à 100 % par l'assurance maladie du vaccin BCG AJ Vaccines est assurée pour les structures ayant conventionné avec l'assurance maladie. Les indications vaccinales se font selon les recommandations d'utilisation du vaccin BCG en situation de pénurie du calendrier vaccinal en vigueur, en raison de son indisponibilité à ce stade en pharmacie de ville.