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Réinsertion des chercheurs français engagés à l'étranger lors de leur retour en France

15e législature

Question écrite n° 11579 de Mme Évelyne Renaud-Garabedian (Français établis hors de France - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 18/07/2019 - page 3804

Mme Évelyne Renaud-Garabedian attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation sur la réinsertion souvent compliquée des chercheurs français lors de leur retour en France et sur les difficultés qu'ils rencontrent pour valoriser dans leur parcours professionnel l'expérience qu'ils ont acquise hors des frontières. Du simple post-doctorant au senior de renommée mondiale, nos chercheurs engagés à l'étranger participent brillamment au rayonnement de l'expertise et du savoir scientifique français aux quatre coins du monde et par là même, à notre diplomatie d'influence. Leur expérience professionnelle à l'étranger, dans des contextes académiques et linguistiques variés, et les liens personnels qu'ils ont tissés avec leurs homologues locaux impliqués comme eux avec ferveur dans les défis de la recherche internationale devraient être des atouts indiscutables lors de leurs candidatures à des postes de recherche ou d'enseignement universitaire en France. Il semble pourtant que cette plus-value ne soit pas reconnue à sa juste importance dans les procédures de recrutement, sans compter les difficultés pratiques que les candidats rencontrent, du fait de leur éloignement, pour instruire les dossiers de candidature sur la plateforme Antarès, ou encore pour prendre en charge les frais de déplacement pour assister aux auditions menées par les équipes qu'ils souhaitent rejoindre. Ne disposant pas de numéro de poste en France, ils ne peuvent d'ailleurs pas non plus présenter leur offre aux postes ouverts par le ministère de l'Europe et des affaires étrangères dans le cadre de la coopération internationale, alors même qu'ils sont tout naturellement profilés pour de telles missions et qu'ils contribuent quotidiennement et le plus souvent bénévolement à des échanges fructueux avec les services scientifiques des ambassades françaises. Elle lui demande donc de quelle manière elle entend suggérer aux directeurs d'organismes français de recherche et aux présidents d'universités d'attacher une importance plus grande aux candidatures des chercheurs français exerçant à l'étranger et d'en faciliter la présentation. Elle aimerait également savoir si « le code de conduite pour le recrutement des chercheurs » visant à l'amélioration des procédures de sélection en les rendant plus équitables et plus transparentes peut être amendé en ce sens, de façon à améliorer la mobilité et la gestion de carrière de ces chercheurs, et si elle compte sensibiliser le ministre de l'Europe et des affaires étrangères à la nécessité de l'ouverture des postes à ce type de candidats.

Transmise au Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation



Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

publiée dans le JO Sénat du 10/09/2020 - page 4109

En termes de recrutement, la mobilité au sein d'une institution étrangère dans le parcours d'un jeune chercheur est un atout essentiel pour obtenir un poste en qualité de maître de conférences en université ou de chercheur au sein d'un EPST ou d'un EPIC. Le jeune chercheur est donc encouragé à effectuer une mobilité plus ou moins longue suivant les disciplines dans le cadre d'un « post-doctorat ».  Les réformes engagées afin de porter le système d'enseignement supérieur et de recherche français au meilleur niveau mondial ont doté les employeurs publics d'outils leur permettant d'ouvrir davantage encore leur stratégie de recrutement à l'international : recrutement possible en contrat à durée indéterminée, dispense de qualification aux fonctions de maître de conférences pour les candidats exerçant dans un établissement d'enseignement supérieur d'un État autre que la France. Les différentes actions relatives aux investissements d'avenir, et tout particulièrement les laboratoires d'excellence et les initiatives d'excellence, permettent également aux laboratoires de trouver les moyens d'attirer des chercheurs à l'échelle internationale, ce qui peut faciliter le retour en France de jeunes chercheurs et l'accueil de chercheurs étrangers de haut niveau. Cette circulation des chercheurs est facilitée par certains dispositifs, tels que le programme Tremplin-ERC (T-ERC) mis en œuvre par l'agence nationale de la recherche (ANR) dans son plan d'action 2018. Cet instrument de financement vise ainsi à permettre à des jeunes chercheurs français ou étrangers rattachés à un organisme public de recherche français de soumettre une nouvelle candidature à une proposition « European Research Council » (ERC) à l'appel « Starting grants » ou « Consolidator grants », afin de donner davantage de visibilité internationale à leurs travaux et de renforcer la visibilité de la France comme pays hôte pour l'ERC. Par ailleurs en ce qui concerne les postes ouverts en ambassade, Il y a actuellement environ une centaine de postes ouverts aux chercheurs et enseignants chercheurs, à dominante ESRI : conseiller pour la science et la technologie (CST) ; conseiller de coopération et d'action culturelle (COCAC) adjoint ; attaché pour la science et la technologie (AST) ; attaché de coopération scientifique et universitaire (ACSU) ; attaché de coopération universitaire (ACU) ; ingénieur de recherche ou ingénieur d'études voire titulaire d'administration centrale. Ce recrutement dans le réseau s'effectue selon plusieurs critères et l'expérience d'expatriation est particulièrement appréciée. Dans le cadre de la HRS4R « Human ressources strategy for researchers », la Commission européenne a aussi créé un label adossé aux principes du code de conduite que les universités ou organismes de recherche peuvent obtenir et qui engage les établissements en particulier dans un processus de qualité des recrutements. À ce jour, 21 établissements français ont obtenu ce label dont des universités (UTC Compiègne, Clermont, Franche-Comté, Lorraine, ENS Lyon, Lyon 3, Montpellier, Paris 5, Paris 7, Strasbourg, UBO) et des organismes de recherche (CNRS, INRA, INSERM, INRIA, Institut Curie). Ces démarches de labellisation entreprises par les établissements amélioreront à terme, l'attractivité des établissements notamment pour chercheurs français ou étranger ayant travaillé en dehors de la France. Concernant plus particulièrement le « code de conduite pour le recrutement des chercheurs », il comprend 9 principes sur le recrutement et la carrière des chercheurs, dont les principes de « recrutement ouvert, transparent et basé sur le mérite ». Enfin, dans le cadre du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche, présenté le 22 juillet 2020 en conseil des ministres, l'attractivité de l'emploi scientifique et des carrières des chercheurs font l'objet d'une attention particulière de la part du gouvernement et des mesures sont proposées pour faciliter l'accueil et le recrutement des chercheurs dans les établissements d'enseignement supérieur et les organismes de recherche.