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Prochains Jeux des îles de l'océan Indien.

15e législature

Question écrite n° 11590 de Mme Nassimah Dindar (La Réunion - UC)

publiée dans le JO Sénat du 18/07/2019 - page 3823

Mme Nassimah Dindar attire l'attention de Mme la ministre des sports sur la tenue des prochains Jeux des îles de l'océan Indien, qui auront lieu du 19 au 28 juillet 2019 à l'île Maurice.

Ces Jeux des îles de l'océan Indien, dont ce sera la dixième édition, rassemblent des sportifs de diverses disciplines issus des Comores, des Maldives, de Madagascar, de Maurice, des Seychelles, et pour la France, des deux départements français de la région, à savoir de La Réunion et de Mayotte.

Événement sportif destiné à renforcer les liens d'amitié entre ces îles, ces Jeux deviennent l'otage d'enjeux politiques qui, par nature, les dépassent. Ainsi, les Comores, qui réclament toujours la souveraineté sur l'île de Mayotte, refusent que les athlètes mahorais défilent sous le drapeau national et chantent la Marseillaise.

Cette situation avait entraîné le départ de la délégation comorienne à l'issue de la cérémonie d'ouverture de la neuvième édition des Jeux des îles, qui se tenait à La Réunion. Et dans une volonté de conciliation, tout hymne et tout drapeau nationaux avaient fini par être interdits, décision injuste à laquelle elle s'était alors opposée en tant que présidente du conseil départemental de La Réunion.

Quatre ans après, le même scénario semble devoir se reproduire, puisque les athlètes mahorais seraient toujours privés d'hymne et de drapeaux nationaux, alors même que Mayotte est un département français.

Quels que soient les enjeux et les revendications politiques, la jeunesse de l'océan Indien ne peut pas être à nouveau privée de cet événement sportif international, qui, pour nombre d'athlètes, constitue la compétition de toute une carrière.

Aussi elle lui demande quelles mesures seront mises en œuvre pour que le scénario, qui, il y a 4 ans à La Réunion, avait gâché cet événement, ne se reproduise pas à Maurice.



Réponse du Ministère des sports

publiée dans le JO Sénat du 17/10/2019 - page 5303

L'appartenance de Mayotte à la France ne fait aucun doute, de même que le droit des Mahorais, comme tous les citoyens Français, à défiler sous les couleurs du drapeau national. C'est la position de ce Gouvernement comme de tous ceux qui l'ont précédé. Dans le cadre des jeux des Îles de l'océan Indien 2019, le Gouvernement français avait envisagé la mise en place d'une délégation nationale unique, permettant aux réunionnais et aux mahorais de défiler ensemble sous le drapeau français.  Cette proposition n'est aujourd'hui acceptée ni par le mouvement sportif mahorais, ni par celui de La Réunion. En outre, le Conseil international des Jeux (CIJ) des Îles, qui réunit les mouvements sportifs des Îles de l'Océan Indien prenant part à des Jeux, n'a pas retenu le principe d'une délégation commune pour la France. Le CIJ a préféré se tenir aux règles stipulées dans l'article 7.2 du règlement intérieur des Jeux des Îles de l'Océan Indien qui précise qu'« en toute occasion et lors des cérémonies nécessitant l'utilisation d'un drapeau, Mayotte utilisera celui des Jeux et n'arborera aucun symbole de l'Etat français ». Par conséquent, et comme cela a été confirmé par les directeurs de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale de Mayotte et de la Réunion, la délégation mahoraise a pour cette édition 2019 strictement respecté la charte des jeux, comme elle s'était engagée à le faire, en défilant derrière la bannière des jeux. Il semble important de rajouter que la question du drapeau pour Mayotte a généré moins de tensions que lors de l'édition précédente, la préoccupation majeure du CIJ et de ses membres ayant été la question du choix du pays d'accueil des prochains jeux (Maldives, Comores, Madagascar), qui a été tranchée le 27 juillet 2019. L'organisation des jeux des îles 2023 a été attribuée aux Maldives. En tout état de cause, la solution qui a été retenue devra être validée par l'ensemble des membres qui composent le conseil international des jeux des Iles et la commission de la jeunesse et des sports de l'Océan Indien (CJSOI). .