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Recrutement de chercheurs au centre national de la recherche scientifique

15e législature

Question écrite n° 11737 de Mme Nadia Sollogoub (Nièvre - UC)

publiée dans le JO Sénat du 25/07/2019 - page 3959

Mme Nadia Sollogoub appelle l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation sur la situation préoccupante qui est aujourd'hui celle du centre national de la recherche scientifique (CNRS). Pour ses 80 ans, le CNRS affiche un bilan flatteur. Il abrite le plus grand nombre de projets financés par l'« European research council » (ERC), actuellement considéré comme la référence en Europe en termes d'excellence scientifique. L'établissement recrutait jusque récemment des jeunes chercheurs en début de carrière faisant ainsi un pari sur l'avenir. Avenir et autonomie, car les unités de recherche étaient assurées d'obtenir des crédits récurrents, qui, bien que modestes par rapport aux budgets des universités anglo-saxonnes, permettaient d'effectuer une recherche fondamentale sans être accaparé par une perpétuelle course aux financements. Or, progressivement, les politiques menées par l'État mettent ce service public en péril. Selon l'organisation des Nations unies pour les sciences, la culture et l'éducation (UNESCO), la recherche-développement ne représentait que 2,23 % du produit intérieur brut (PIB) en France en 2016, soit moins que la moyenne mondiale (2,31 %). Malgré sa réussite, de 2007 à 2018, le CNRS a perdu 338 postes de chercheurs et 820 postes d'ingénieurs et techniciens et seuls 249 postes de chercheurs fonctionnaires seront ouverts en 2019, soit une baisse de plus de 15 % par rapport à 2018. Cette pénurie de postes et la disparition des financements récurrents ont déjà nui à l'attractivité des carrières scientifiques et risquent de plonger toute une génération hautement qualifiée dans la précarité salariale et scientifique. La baisse se confirme malgré la volonté affichée de faire de l'éducation une « priorité » du Gouvernement. Dans ce contexte, elle souhaite donc savoir quelle réponse le Gouvernement entend apporter à l'inquiétude exprimée par les jeunes chercheurs ; laquelle souligne la situation alarmante du CNRS et le déficit de recrutement en matière d'emploi scientifique.



En attente de réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation.