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Pour une ambitieuse politique de prévention de l'alcoolisme

15e législature

Question écrite n° 11956 de Mme Michelle Gréaume (Nord - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 08/08/2019 - page 4177

Mme Michelle Gréaume attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la nécessité d'une politique de prévention de l'alcoolisme ambitieuse et efficace.

Le 29 avril dernier, l'académie de médecine tirait la sonnette d'alarme sur la consommation d'alcool en France : celle-ci ne baisse plus pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. L'alcool serait la cause de plus de 40 000 décès par an, première cause de mortalité évitable des 15-30 ans.

Ses conséquences sur la santé sont connues. Il est la cause directe, par exemple, de nombreux cancers, notamment ceux de l'appareil digestif, touchant particulièrement les hommes (75 %), mais aussi le cancer du sein, dont il favorise le développement.

Par ailleurs, un rapport rédigé au sein de votre ministère en 2008 déjà soulevait le lien entre alcool et violence, et plus récemment, les spécialistes ont évalué que l'alcool était impliqué dans 40 % des situations de violences faites aux femmes ou aux enfants.

Enfin, on ne peut évoquer tous ces dangers sans citer les chiffres de la prévention routière : il serait la cause principale d'au moins 20 % des accidents mortels ; les chiffres montent à 63 % lors des nuits de week-ends et les jours fériés.

Ces chiffres accablants mettent en cause l'inefficacité des trop rares campagnes de prévention contre l'alcoolisme ces dernières années. L'académie de médecine émet des propositions pour faire reculer la consommation d'alcool : appliquer plus strictement la loi Évin pour l'interdiction de la publicité, établir un prix minimum de vente par gramme d'alcool, indiquer clairement sur les contenants la quantité d'alcool en grammes et sa dangerosité, en particulier dans les lieux de fête. Il n'est en effet pas rare que, sous l'effet de promotion ou d'action marketing, l'alcool soit vendu moins cher que les boissons non alcoolisées.

C'est la raison pour laquelle elle lui demande si une ambitieuse politique de prévention de l'alcoolisme est prévue pour endiguer cette consommation en hausse et ses nombreuses et néfastes conséquences.



En attente de réponse du Ministère des solidarités et de la santé.