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Prise en charge des auxiliaires afghans

15e législature

Question écrite n° 12158 de M. Jérôme Durain (Saône-et-Loire - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 12/09/2019 - page 4632

M. Jérôme Durain attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les conditions d'accueil des auxiliaires afghans ayant servi pour l'armée française entre 2001 et 2014.

Lors de sa mission en Afghanistan, l'armée a collaboré avec plusieurs centaines d'auxiliaires afghans à divers tâches soit en tant qu'interprète, cuisinier, magasinier ou même barbier. Pour avoir aidé la France, ces personnes ont été accusées d'espionnage et de trahison envers leur pays.

Menacés par les Talibans, contraints de quitter l'Afghanistan pour assurer leur sécurité et celle de leurs proches, les auxiliaires se sont heurtés au silence et à l'inaction de l'État français. Si 232 auxiliaires afghans sur les 700 embauchés par l'armée française ont bénéficié d'une des trois vagues de rapatriement leur permettant ainsi de rejoindre la France et d'obtenir un logement de transition, une inscription à pôle emploi et le versement du revenu de solidarité active (RSA), des centaines de leurs compatriotes n'ont pu recevoir la protection de l'État français malgré leurs états de service.

Grâce à une décision du Conseil d'État de reconnaitre le droit de tous les auxiliaires afghans de l'armée française de bénéficier de la protection fonctionnelle, ces ressortissants afghans se sont vus accorder un visa afin de rejoindre le sol français sans toutefois que ce titre n'ouvre le droit aux conditions d'accueil que le Gouvernement avait mis en place dans le cadre des rapatriements.

La situation actuelle est dramatique. Des dizaines de familles sont arrivées en France dans l'indifférence la plus totale. Complètement démunies, sans argent ni accompagnement social et dans une extrême fragilité, ces personnes ne doivent leur salut qu'à l'exceptionnelle mobilisation des associations, des bénévoles et des élus locaux qui œuvrent chaque jour pour leur apporter de quoi survivre.

La France ne peut ignorer plus longtemps ceux qui l'ont servie en mettant en danger leur propre vie. La France ne peut oublier leur sacrifice sans quoi elle se déshonorerait. Il est du devoir de l'État de permettre à ces familles de reconstruire leur vie dans des conditions décentes. Ce n'est ni plus ni moins une question d'humanité et de reconnaissance.

Il souhaite donc savoir quand la France acceptera enfin d'assumer ses responsabilités envers les anciens auxiliaires afghans en assurant leur prise en charge dès leur arrivée sur le territoire français.



En attente de réponse du Ministère de l'intérieur.