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Fermeture des services d'urgence

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0952G de Mme Nadine Grelet-Certenais (Sarthe - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 10/10/2019

Mme Nadine Grelet-Certenais. Ma question s'adresse à Mme la ministre des solidarités et de la santé, qui n'est pas parmi nous aujourd'hui.

« L'offre de soins est en train de se renforcer et les Français le voient », déclarait Mme la ministre il y a moins d'un mois.

Sans vouloir gâcher cet optimisme, je souhaite attirer son attention sur la situation catastrophique de nos services d'urgence.

Un peu partout en France, depuis six mois, nous constatons tous la recrudescence de dysfonctionnements à répétition dans les services d'urgences hospitalières. Tel est le cas dans mon département, la Sarthe, à l'hôpital du Bailleul. L'année dernière, j'avais alerté, à propos de cet établissement, sur l'accès à l'IVG, en raison d'un manque de médecins. Et maintenant, c'est à son tour le service mobile d'urgence et de réanimation, ou SMUR, qui est à l'arrêt, faute de médecins urgentistes ! Véritable hôpital de proximité, le Pôle santé Sarthe et Loir dessert un bassin de vie de plus de 150 000 habitants dans un territoire rural.

Une réorganisation des personnels ne réglera pas cette dégradation constante de l'offre de soins, qui ne cesse de s'aggraver, la ministre le sait, aussi bien dans la Sarthe que dans l'ensemble du territoire français. En revanche, les personnels lui demandent, depuis des mois, des mesures très concrètes en termes de lits, de recrutements, de revalorisations salariales, ou encore de moyens supplémentaires.

La ministre pensait que le mouvement allait s'essouffler alors que la crise s'intensifie. Son « pacte de refondation » ou le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 ne répondent ni aux exigences formulées ni au respect du principe d'égalité d'accès aux soins. Après la désertification médicale, nous arrivons à un nouveau stade de la décomposition du paysage sanitaire.

Face à un maillage qui craque, les mesures proposées ne répondent pas à l'anxiété grandissante des populations, qui voient leurs services d'urgence fermer un à un – je pense notamment à la fermeture temporaire de l'hôpital de Saint-Calais, très récemment entérinée.

Dans un contexte de déménagement du territoire des services publics, la ministre ne croit-elle pas qu'il est temps de prendre des mesures d'urgence destinées à ces services en investissant massivement pour résoudre cette crise et envisager, pourquoi pas, des états généraux de l'hôpital ? (Applaudissements sur les travées du groupe SOCR – Mme Céline Brulin applaudit également)



Réponse du Secrétariat d'État auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement

publiée dans le JO Sénat du 10/10/2019 - page 12932

Mme Sibeth Ndiaye, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement. Madame la sénatrice, je vous prie, d'abord, d'excuser l'absence de Mme Agnès Buzyn, qui participe actuellement à la reconstitution des ressources du Fonds mondial à Lyon.

La colère que vous exprimez, l'anxiété qui, à travers votre voix, s'exprime, qui est celle de nos concitoyens, comme celle de nos personnels soignants, évidemment, nous la comprenons. C'est la raison pour laquelle la ministre des solidarités et de la santé s'est attachée, depuis plusieurs mois maintenant, à y apporter des réponses extrêmement concrètes.

La situation que subit votre territoire en particulier résulte d'un manque structurel de médecins auquel notre pays fait face et qui se retrouve dans d'autres pays d'Europe. (Protestations sur toutes les travées, sauf sur celles du groupe LaRem.)

Ce constat concernant la Sarthe rejoint celui qui peut être fait dans de nombreuses régions de France : nous manquons cruellement d'urgentistes.

Dans la Sarthe, depuis le 24 septembre, en particulier, la présence d'un médecin la nuit ne peut plus être assurée, entre vingt heures trente et huit heures trente, malgré les efforts de l'établissement, lequel, vous le savez, a été appuyé très largement par l'agence régionale de santé, l'ARS, et par les autres hôpitaux du groupement hospitalier de territoire. Il est apparu pour l'instant impossible d'avoir un médecin disponible pour assurer son service la nuit dans cet hôpital. Or cette présence, vous en conviendrez, madame la sénatrice, est indispensable pour garantir la sécurité des patients.

Dans l'attente, nous avons souhaité que les urgences puissent rester ouvertes la journée, avec la présence d'un médecin, et que la nuit, une infirmière et une aide-soignante soient en mesure d'orienter les patients, évidemment en lien avec la plateforme du 15.

Vous le savez, la ministre a eu l'occasion de présenter un plan d'action pour les urgences, qui est doté à hauteur de 750 millions d'euros.

M. Rachid Temal. Ce n'est pas assez ! (Applaudissements sur les travées des groupes SOCR et CRCE.)

Mme Sibeth Ndiaye, secrétaire d'État. Ce plan permettra de réaliser des recrutements en nombre. Il sera alloué, à hauteur de 80 %, à des ressources humaines nouvelles. Soyez-en assurée, madame la sénatrice, nous sommes en quelque sorte bien « sur le ballon » et nous allons continuer ! (M. François Patriat applaudit.)