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Retraite des élus locaux

15e législature

Question écrite n° 12750 de Mme Angèle Préville (Lot - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 24/10/2019 - page 5343

Mme Angèle Préville attire l'attention de M. le ministre de l'action et des comptes publics sur l'insuffisance du montant des retraites des maires de petites collectivités.
Pour exemple, le maire d'une commune lotoise de 360 habitants qui a effectué 43 années de mandats de maire, percevra une retraite nette (déduction faite des divers prélèvements) d'environ 110 euros au titre du régime obligatoire.
La fonction d'élu local est complexe, demande du temps et des prises de responsabilités importantes. Ainsi, le montant de la retraite des maires de ces petites communes est tout à fait disproportionné au regard de leur engagement, ces élus consacrant temps et énergie à l'action publique au service de nos concitoyens et de nos territoires. Il est donc essentiel d'envisager la revalorisation de la retraite des élus des petites communes dans sa part obligatoire.
Ainsi, elle souhaiterait connaître la position du Gouvernement sur ce problème ainsi que les mesures qu'il entend prendre pour y remédier.

Transmise au Ministère auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance - Comptes publics



Réponse du Ministère auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance - Comptes publics

publiée dans le JO Sénat du 10/06/2021 - page 3704

Dans un double souci d'exemplarité et d'amélioration de la protection sociale des personnes qui s'investissent personnellement dans la conduite des affaires publiques, l'article 18 de la loi du 17 décembre 2012 de financement de la sécurité sociale pour 2013, a étendu l'affiliation obligatoire de tous les élus locaux au régime général de sécurité sociale pour leur retraite de base. Auparavant seuls les élus exerçant certaines responsabilités électives (délégation de signature) et n'exerçant aucune autre activité professionnelle par ailleurs pouvaient y être affiliés (loi n° 92-108 du 3 février 1992 relative aux conditions d'exercice des mandats). Toutefois, seules sont assujetties à cotisation les indemnités de fonction dépassant 50 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) (soit 20 568 € € pour l'année 2021) et les indemnités de fonction des élus n'exerçant aucune autre activité professionnelle quel que soit leur montant. S'agissant de leur retraite complémentaire, les élus locaux sont affiliés et cotisent à l'IRCANTEC depuis le 1er janvier 1973 où ils bénéficient d'un régime dérogatoire qui prévoit la possibilité de liquider leurs pensions, par type de mandat électif, mais interdit tout cumul entre une activité et une pension servie au titre du même type de mandat électif. L'assiette de cotisations des élus locaux correspond au total des indemnités effectivement perçues et les taux de cotisations de cette population sont identiques à ceux des autres affiliés de l'IRCANTEC. Selon les profils de carrière professionnelle des élus locaux et la durée de leurs mandats, ce régime peut leur être favorable ou défavorable. Enfin, les élus locaux peuvent bénéficier de régimes de retraites facultatifs géré par deux organismes exclusivement réservés aux élus locaux : fonds de pension des élus locaux (FONPEL), créé par l'Association des maires de France et géré par la Caisse des dépôts et consignation et la Caisse autonome de retraite des élus locaux (CAREL), gérée par la Mutualité française. Ils proposent des contrats de retraite supplémentaire par capitalisation et en points, qui sont techniquement des contrats d'assurance-vie. Il s'agit par conséquent de contrats facultatifs que l'élu peut choisir de souscrire ou non, sans avoir à obtenir l'aval de la collectivité pour laquelle il exerce son mandat. La complexité des systèmes de retraite ainsi que la disparité des règles tenant tant aux assiettes et taux de cotisations qu'aux montants de pensions qui existent entre les assurés, y compris d'un même groupe professionnel, en l'occurrence entre élus locaux, justifient pleinement la proposition du Gouvernement pour une refonte de l'architecture globale du système de retraite, afin de le rendre plus juste et plus lisible pour les assurés. Dans cette attente, le Gouvernement rappelle son attachement au règles du paritarisme régissant la retraite complémentaire des élus locaux et indique que des travaux sont en cours afin d'éventuellement permettre une meilleure couverture retraite de cette population.