Allez au contenu, Allez à la navigation

Pratique d'une activité physique et sportive

15e législature

Question écrite n° 12789 de M. Antoine Lefèvre (Aisne - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 24/10/2019 - page 5368

M. Antoine Lefèvre attire l'attention de Mme la ministre des sports sur la volonté qu'aurait le Gouvernement de créer une culture de la pratique d'activité physique et sportive. En effet, la baisse de pratique des jeunes générations est très alarmante. Les freins principaux à l'activité sportive sont le manque de temps et de motivation et le manque d'accès à des équipements près de chez soi. Parallèlement la pratique sportive et artistique dès l'école se heurte à des décisions budgétaires antinomiques par rapport à l'ambition affichée : baisse du nombre de postes, contenus malmenés... Or, les effectifs des élèves augmentant, (+ 34 000 à la rentrée 2019), il est demandé le lancement d'un plan pluriannuel de recrutement pour l'éducation physique et sportive (EPS) avec la mise en place dès cette année de 1 500 postes au concours, en lieu et place des 440 suppressions de postes pour le second degrés prévues dans le budget pour 2020 ! En effet, un manque d'enseignants a d'ores et déjà été constaté de manière pérenne à la rentrée dernière dans 10 % des établissements. Il y a donc urgence, ce dont la Cour des comptes s'est fait l'écho dans un rapport de septembre 2019 en formulant onze recommandations, parmi lesquelles : renforcer l'enseignement de l'EPS dans le primaire, revitaliser l'organisation du sport scolaire, faciliter les liens entre l'école et le sport ou encore donner au système éducatif des objectifs vérifiables dans le domaine de l'EPS. Aussi, il souhaiterait savoir quelles mesures seront mises en place pour atteindre ces recommandations.



Réponse du Ministère des sports

publiée dans le JO Sénat du 23/01/2020 - page 426

Même si cette question concerne pour l'essentiel le ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse, la ministre des sports est très attentive à l'organisation de l'éducation physique et sportive (EPS) au sein de l'école jusqu'au baccalauréat notamment dans sa mise en œuvre et son évaluation. Les enjeux de continuité éducative pour les jeunes sur l'ensemble du territoire national et d'optimisation des adaptations des parcours des élèves sportifs - notamment de haut niveau -, sont des priorités absolues du ministère des sports. Elles supposent d'affirmer une approche globale, cohérente et d'assurer des passerelles de contenus et d'objectifs entre l'EPS, le sport scolaire et universitaire avec les activités proposées par le mouvement sportif. L'enjeu prioritaire est de multiplier les passerelles entre l'EPS et les disciplines sportives, par l'instauration du parcours éducatif et sportif tout au long de la vie. Ce dernier permettra de valoriser des compétences acquises et développées par la pratique sportive, l'engagement sportif à l'école ou hors de l'école. Il aura également un impact favorable non seulement sur la santé des élèves mais également sur la réussite scolaire. Dans cet objectif, l'accès aux équipements, espaces, sites et itinéraires tant pour l'organisation de l'EPS, dont l'apprentissage du « savoir nager », que pour faciliter la pratique sportive du plus grand nombre est un objectif partagé. Les travaux en cours pour actualiser le recensement des équipements sportifs (RES), en optimiser son approche cartographique croisée, contribuent à renforcer l'usage des équipements sportifs, espaces, sites et itinéraires de pratique, notamment des équipements sportifs scolaires, avec l'ensemble des partenaires dont les collectivités territoriales. Le déploiement par les Rectorats et les directions régionales et départementales de la jeunesse des sports et de la cohésion sociale du label génération 2024 au sein des écoles, établissements scolaires et supérieurs s'inscrit dans cette dynamique et s'articule autour de quatre objectifs : la création de partenariats entre l'école et le mouvement sportif, la participation aux événements promotionnels olympiques et paralympiques, la mise en œuvre d'adaptations scolaires pour les sportifs de haut niveau et l'accès aux équipements. C'est au cœur de la question génération 2024, par exemple, inciter les collectivités locales, les propriétaires d'équipements à ouvrir plus largement les équipements sportifs et maximiser ainsi leur usage. L'ambition est de renforcer la place du sport à l'école ainsi que celle du sportif dans l'école. L'année 2018 a permis d'expérimenter le processus de labellisation en désignant des écoles et établissements préfigurateurs. Pour l'année scolaire 2019-2020, 2212 écoles et établissements scolaires et 54 établissements supérieurs sont labellisés pour encourager le développement de la continuité éducative dans la pratique sportive des élèves du premier, du second degré et de l'enseignement supérieur. Le label Génération 2024 contribue à dynamiser le projet éducatif des établissements en lien avec le mouvement sportif et les collectivités, avec une cible de 20 % de labellisés en 2024. Enfin, le lancement de l'expérimentation « Cours le matin, EPS et sport l'après-midi » notamment dans les « cités éducatives » doit renforcer les synergies dans un nouveau format d'emploi du temps. La mise en place d'un parcours « éducatif et sportif » renforcera la reconnaissance de la place du sport dans la formation de l'élève. La réorganisation territoriale de l'État qui prévoit la constitution de délégations régionales académiques à la jeunesse, à l'engagement et aux sports auprès des recteurs de régions académiques (DRAJES) en 2020, favorisera la convergence de politiques et dispositifs de politiques publiques sportives et scolaires au bénéfice de l'éducation formelle et informelle.